Hommage : À Évreux, le courage de Simonne David

Publié le

Née à Évreux en 1921, résistante puis déportée à Auschwitz sous le matricule 31 658, Simonne David est morte du typhus à Birkenau à seulement 21 ans.

Son histoire est racontée par plusieurs initiatives mémorielles qui contribuent à faire vivre le souvenir des victimes de la barbarie nazie.
👉 Le Panthéon des héros 1939-1945 – Mémoire des déportés
👉 Dictionnaire biographique des victimes du nazisme en Normandie

Née Simonne Noyer le 13 juin 1921 au 89, rue Grande à Évreux, elle est la fille de Claude Noyer, cheminot, et de Jeanne Fleure. À 17 ans, elle épouse Noël David. Le jeune couple travaille alors pour un agent immobilier, où Simonne est chargée des écritures administratives.

La guerre bouleverse leur existence. Après le retour de captivité de son mari, rapatrié pour raisons de santé, le couple s’engage dans la Résistance en entrant en relation avec le Parti communiste clandestin. À Évreux, ils participent à la création du Secours populaire local chargé de soutenir les militants contraints à la clandestinité et leurs familles. Collectes de fonds, distribution de tracts et diffusion du journal clandestin Le Patriote témoignent de leur engagement.

Le 24 février 1942, à la suite d’un vaste coup de filet mené contre les réseaux communistes, Simonne David est arrêtée à son domicile du boulevard du Jardin-l’Évêque, en même temps que son mari Noël David et leur camarade Henri Aubergier. Son beau-frère Roger Lefebvre est arrêté le lendemain. Les trois hommes seront fusillés.

Libérée dans un premier temps, Simonne est à nouveau convoquée quelques jours plus tard. Malgré les conseils de son père qui l’incite à fuir, elle choisit de se présenter à la convocation, craignant des représailles contre sa famille. Elle est alors arrêtée une seconde fois et transférée à Paris.

Après plusieurs mois de détention au dépôt de Paris, à la prison de la Santé et au fort de Romainville, elle rejoint le camp de Royallieu à Compiègne. Le 24 janvier 1943, elle est déportée avec le convoi des « 31 000 », unique convoi de femmes résistantes françaises envoyé à Auschwitz.

À son arrivée à Birkenau, elle reçoit le matricule 31 658.

Quelques mois plus tard, atteinte du typhus, Simonne David meurt au Revier, “l’infirmerie” du camp de concentration. Elle n’a que 21 ans.

L’histoire de Simonne David rappelle que la Résistance s’est aussi écrite dans les rues d’Évreux. Derrière le matricule 31 658 se trouvait une jeune femme de 21 ans qui avait choisi de s’engager pour la liberté.