Expositions

Dernière mise à jour le 31 Mai 2017

Une Renaissance en Normandie. Le cardinal Georges d’Amboise, bibliophile et mécène

  8 juillet / 22 octobre 2017

En partenariat avec la Bibliothèque nationale de France  

En 1508, le couple royal Anne de Bretagne et Louis XII découvre au château de Gaillon en Normandie l’exceptionnelle collection d’œuvres d’art de la Renaissance de Georges d’Amboise (1460-1510). Pour la première fois depuis cette visite il y a cinq siècles, un ensemble rarissime de manuscrits enluminés, de peintures et de sculptures provenant de Gaillon, aujourd’hui conservés dans les plus grandes institutions (Bibliothèque nationale de France, musée du Louvre, Bibliothèque apostolique vaticane), vous sera dévoilé.

       

C’est grâce à Georges d’Amboise que la Normandie peut aujourd’hui être considérée comme le berceau de la première Renaissance en France, au début du XVIe siècle. Puissant prélat, collectionneur d’art et mécène, il participe aux guerres d’Italie et découvre ébloui les œuvres des artistes de la Renaissance italienne. Le très influent cardinal d’Amboise, tout à la fois archevêque de Rouen, gouverneur de Normandie, principal conseiller de Louis XII, vice roi du Milanais et légat du pape, fait venir des artistes italiens en France. Il leur confie les travaux de transformation de l’ancienne résidence des archevêques de Rouen au bord de la Seine, le château de Gaillon. Il acquiert des peintures du Pérugin et surtout d’Andrea Solario, l’un des suiveurs de Léonard de Vinci. L’homme d’État et d’Église est également un grand bibliophile. La bibliothèque qu’il rassemble devient célèbre et suscite l’admiration des voyageurs et des humanistes. Cette collection de livres contenait une centaine de précieux manuscrits de la Renaissance italienne achetés au roi de Naples déchu et exilé en France, Frédéric III d’Aragon. Parallèlement, il fait transcrire et enluminer à Paris et à Rouen des manuscrits pour lui-même et pour le roi Louis XII. L’exposition d’Évreux permettra à un large public d’admirer un rassemblement unique de manuscrits enluminés, chefs-d’œuvre de la Renaissance italienne et française, sortis exceptionnellement des réserves de la Bibliothèque nationale de France et rarement exposés en raison de leur fragilité. Ils dialogueront avec des décors d’architecture, des peintures, des tapisseries, des gravures et des dessins pour permettre aux visiteurs de se plonger dans l’atmosphère de cette Renaissance en Normandie.

        

Légendes de haut en bas et de droite à gauche :  Ptolémée, Cosmographie, BnF Manuscrits, Latin 4802. Pétrarque, Triomphes, BnF Manuscrits, Français 594.  Aristoteles, de moribus, interpr. Johannes Argyropulos ; Aeconomica, interpr. Leonardus Bruni Aretinus ; Bnf Manuscrits, Latin 6310.  Guilelmus Durandus, Rationale divinorum officiorum, 1471, BnF Manuscrits, Latin 723. Seneca, Epistolae, vers 1503, BnF Manuscrits, Latin 8551.  Aristoteles, Ethica, interpr. Johannes Argyropulos, vers 1480, Bnf Manuscrits, Latin 6309.  Andreas Contrarius, Objurgatio in calumniatorem Platonis, 1471, BnF Manuscrits, Latin 12947.Crédits photos : BnF

 

Rendez-vous

: : Samedi 8 et dimanche 9 juillet à 15h : Visites inaugurales par Gennaro Toscano et Maxence Hermant. Entrée libre et gratuite.

: : Dimanche 9 juillet à 16h30 : Concert "A l'écoute de l'Italie" (Josquin des Près, Jean Mouton, Guillaume Dufay, Guillaume Costeley, Paschal de l'Estocart) par la Compagnie Ludus Modalis, jardins du musée.

: : Les dimanches 6 août, 3 septembre et 1er octobre à 15h ainsi que les mardis et jeudis des mois de juillet et août (excepté le 15 août) à 15h également : visites guidées de l'exposition par l'équipe du Service des publics du musée. Entrée libre et gratuite.

: : Les mercredis 19 juillet, 2, 16 et 30 août : Ateliers jeune public "Les trésors de Georges". Explorez l'exposition consacrée à Georges d'Amboise, grand collectionneur de manuscrits de la Renaissance, et découvrez l'enluminure...Pour les 3-6 ans de 10h à 11h et pour les 7-12 ans de 14h30 à 16h. Sur réservation au 02 32 31 81 90. Gratuit.

: : Jeudi 25 et vendredi 26 août : Stage express 13-17 ans "Calligraphie". Sur réservation au 02 32 31 81 90. Gratuit.

: : Dimanche 17 septembre à 15h : Visite-conférence par Gennaro Toscano et Maxence Hermant. Entrée libre et gratuite.

: : Dimanche 22 octobre à 15h : Visite de clôture par Gennaro Toscano et Maxence Hermant. Entrée libre et gratuite.

 


"Vénus, toujours recommencée. Peintures de Guy de Malherbe"

Du 18 mars au 28 mai 2017

Le bord de mer normand, de Varengeville et ses vertigineuses falaises de craie aux « Vaches noires » d’Houlgate, lourds monticules de glaise regorgeant d’innombrables fossiles, constitue pour Guy de Malherbe un atelier de plein-air. On peut l’y voir, d’une saison à l’autre avec son matériel de peintre. Sur le rivage, face aux parois accidentées des falaises, devant la toile qui s’interpose, le geste est sûr, rapide. Guy de Malherbe a son métier bien en main. Sur le carré de toile, par quelques vifs coups de pinceau, le peintre restitue ce qu’il voit. Parfois, il pose la toile vierge face à l’horizon, vers la mer. D’ici à là-bas se déploie l’estran, champ minéral, chaos rebattu d’une marée à l’autre.

Sur le tableau naissant, la transcription d’une sensation inouïe : émerveillement d’être au monde, face aux éléments, immergé dans la couleur insaisissable du temps qu’il fait. La boue, la roche, l’eau, et la lumière. Célébration de la joie d’être peintre, et d’avoir par la peinture même les moyens de le dire. Un tableau toujours prétexte à l’exercice d’un bonheur pur, celui-là qu’offre la maîtrise de la main alliée au plaisir tactile de la matière. La peinture comme une pâte avant de finir par n’être qu’une image. La peinture comme un miracle. Cette peinture - on le voit, on le sent -, a été malaxée, triturée, étalée, avec plus ou moins de douceur, de force, de précision ou d’abandon. La peinture de Guy de Malherbe nous dit que malgré son statut d’image, grâce même à ce malgré, elle est aussi la mie dense et souple d’un bon pain, elle est surtout la chair tiède d’un corps caressé à défaut d’être modelé.

Le peintre Guy de Malherbe vogue entre modernité et classicisme. Il dit pratiquer une peinture tout à la fois figurative et abstraite, en ceci qu’il sait que toute représentation picturale, fut-elle figurative, est déjà une abstraction. Et si à la manière des romantiques du XIXe, le peintre offre à ces études réalisées sur le motif le statut d’œuvres à part entière, elles constituent dans le même temps autant de points de départ pour de grands tableaux exécutés par la suite en atelier. Des séries vont naître de ce qui, dans la matrice, va finir par constituer une obsession, et à force de peinture une obsession en engendrera une autre : corps de femmes échoués sur le rivage, rochers anthropomorphes, corps enfouis, sarcophages, brèches dans la falaise, grottes... À l’atelier, les références artistiques, littéraires et plastiques, comme dans un rêve, affleurent, insaisissables, hybrides, puis s’imposent. Ce triangle noir ici c’est la caverne de Platon à moins que ce ne soit l’Origine du Monde. Cette touche, c’est Courbet, cette autre c’est Delacroix, ce fragment de corps, Géricault. La peinture de ses contemporains Kirkeby et Lüpertz appartient aussi à son panthéon... Ce corps de femme enfoui, sous le sable, sous les touches de couleur, rappelle Balzac et Le Chef-d’œuvre inconnu. De terre plutôt que de chair, voilà la Vénus anadyomène des gallo-romains. Sur la vaste étendue de sable ou de roche, la peinture laisse libre cours aux mirages, et tour à tour apparaissent femmes endormies rêvant le rivage sur lequel elles sont échouées, sarcophages et fragments de roche comme autant d’académies... Un immense désir de peinture.

L’exposition « Vénus toujours recommencée. Peintures de Guy de Malherbe » présentée au Musée d’Art, Histoire et Archéologie d’Evreux s’articule autour de cinq grands thèmes. La première salle est tout entière consacrée à une série de peintures du milieu des années 2000. Le parcours fait se succéder chronologiquement des portraits de femmes endormies, modèles qui se sont abandonnés au sommeil lors de la pose. Le peintre qui privilégie d’abord le format carré de modeste dimension, finit par les faire s’étendre sur un format paysage. Les endormies semblent alors flotter sur le fond noir de la nuit, sur le noir inaccessible de leur rêve. La forme en diptyque s’impose alors jusqu’au jour où un paysage – le bord de mer la nuit – apparait sur le panneau supérieur. La femme est encore dans le noir et son rêve nous apparait. Sur l’ultime tableau de la série, le rivage occupe tout entier les deux panneaux du diptyque, la femme va s’éveiller sur l’estran, son rêve a tout envahi, à moins que nous ne soyons éveillés avant elle… La seconde salle approche plus en détail de la démarche du peintre à travers quatre thématiques abordées ci-dessus : le rapport du corporel au minéral, les enfouies, les sarcophages et les grottes.

Cette exposition a reçu le soutien de la Galerie Marie-Hélène de la Forest Divonne, rue des Beaux-Arts, Paris.

Rendez-vous

: : dimanche 19 mars à 15h - visite guidée par l'artiste

: : dimanche 19 mars à 16h15 - conférence par Claude Frontisi, professeur honoraire d'histoire de l'art (Université Paris X - Nanterre)

: : dimanche 7 mai - Un dimanche au musée : à 15h, visite guidée « découverte » animée par Anne Mulot-Ricouard, médiatrice culturelle au musée, pour découvrir l’essentiel de l’exposition. Durée : 1h. À 16h30, « Les p’tits découvreurs ». Dans l’exposition, des activités ludiques (jeux d’observation, de recherche, de création) attendront les enfants (à partir de 7 ans) accompagnés de leurs parents. Durée : 1h. Gratuit.

: : samedi 20 mai - La Nuit Européenne des musées - Séance Cinéma. Projection du film « Ivre de femmes et de peinture », réalisé par Im Kwon-Taek (Corée du sud) en 2002, sur une proposition de Guy de Malherbe.  

© photographies Alberto Ricci.


Informations pratiques

Musée d'Art, Histoire et Archéologie
6 rue Charles Corbeau
27000 Evreux
Tél : 02 32 31 81 90
Fax : 02 32 31 81 99
Mail : musee.mairie@evreux.fr
www.evreux.fr

Entrée libre et gratuite
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 12h et de 14h à 18h.
Fermé le lundi et les 1er janvier, 1er mai, 1er et 11 novembre et 25 décembre.