Expositions

Dernière mise à jour le 18 Mars 2017

"Vénus, toujours recommencée. Peintures de Guy de Malherbe"

Du 18 mars au 28 mai 2017

Le bord de mer normand, de Varengeville et ses vertigineuses falaises de craie aux « Vaches noires » d’Houlgate, lourds monticules de glaise regorgeant d’innombrables fossiles, constitue pour Guy de Malherbe un atelier de plein-air. On peut l’y voir, d’une saison à l’autre avec son matériel de peintre. Sur le rivage, face aux parois accidentées des falaises, devant la toile qui s’interpose, le geste est sûr, rapide. Guy de Malherbe a son métier bien en main. Sur le carré de toile, par quelques vifs coups de pinceau, le peintre restitue ce qu’il voit. Parfois, il pose la toile vierge face à l’horizon, vers la mer. D’ici à là-bas se déploie l’estran, champ minéral, chaos rebattu d’une marée à l’autre.

Sur le tableau naissant, la transcription d’une sensation inouïe : émerveillement d’être au monde, face aux éléments, immergé dans la couleur insaisissable du temps qu’il fait. La boue, la roche, l’eau, et la lumière. Célébration de la joie d’être peintre, et d’avoir par la peinture même les moyens de le dire. Un tableau toujours prétexte à l’exercice d’un bonheur pur, celui-là qu’offre la maîtrise de la main alliée au plaisir tactile de la matière. La peinture comme une pâte avant de finir par n’être qu’une image. La peinture comme un miracle. Cette peinture - on le voit, on le sent -, a été malaxée, triturée, étalée, avec plus ou moins de douceur, de force, de précision ou d’abandon. La peinture de Guy de Malherbe nous dit que malgré son statut d’image, grâce même à ce malgré, elle est aussi la mie dense et souple d’un bon pain, elle est surtout la chair tiède d’un corps caressé à défaut d’être modelé.

Le peintre Guy de Malherbe vogue entre modernité et classicisme. Il dit pratiquer une peinture tout à la fois figurative et abstraite, en ceci qu’il sait que toute représentation picturale, fut-elle figurative, est déjà une abstraction. Et si à la manière des romantiques du XIXe, le peintre offre à ces études réalisées sur le motif le statut d’œuvres à part entière, elles constituent dans le même temps autant de points de départ pour de grands tableaux exécutés par la suite en atelier. Des séries vont naître de ce qui, dans la matrice, va finir par constituer une obsession, et à force de peinture une obsession en engendrera une autre : corps de femmes échoués sur le rivage, rochers anthropomorphes, corps enfouis, sarcophages, brèches dans la falaise, grottes... À l’atelier, les références artistiques, littéraires et plastiques, comme dans un rêve, affleurent, insaisissables, hybrides, puis s’imposent. Ce triangle noir ici c’est la caverne de Platon à moins que ce ne soit l’Origine du Monde. Cette touche, c’est Courbet, cette autre c’est Delacroix, ce fragment de corps, Géricault. La peinture de ses contemporains Kirkeby et Lüpertz appartient aussi à son panthéon... Ce corps de femme enfoui, sous le sable, sous les touches de couleur, rappelle Balzac et Le Chef-d’œuvre inconnu. De terre plutôt que de chair, voilà la Vénus anadyomène des gallo-romains. Sur la vaste étendue de sable ou de roche, la peinture laisse libre cours aux mirages, et tour à tour apparaissent femmes endormies rêvant le rivage sur lequel elles sont échouées, sarcophages et fragments de roche comme autant d’académies... Un immense désir de peinture.

L’exposition « Vénus toujours recommencée. Peintures de Guy de Malherbe » présentée au Musée d’Art, Histoire et Archéologie d’Evreux s’articule autour de cinq grands thèmes. La première salle est tout entière consacrée à une série de peintures du milieu des années 2000. Le parcours fait se succéder chronologiquement des portraits de femmes endormies, modèles qui se sont abandonnés au sommeil lors de la pose. Le peintre qui privilégie d’abord le format carré de modeste dimension, finit par les faire s’étendre sur un format paysage. Les endormies semblent alors flotter sur le fond noir de la nuit, sur le noir inaccessible de leur rêve. La forme en diptyque s’impose alors jusqu’au jour où un paysage – le bord de mer la nuit – apparait sur le panneau supérieur. La femme est encore dans le noir et son rêve nous apparait. Sur l’ultime tableau de la série, le rivage occupe tout entier les deux panneaux du diptyque, la femme va s’éveiller sur l’estran, son rêve a tout envahi, à moins que nous ne soyons éveillés avant elle… La seconde salle approche plus en détail de la démarche du peintre à travers quatre thématiques abordées ci-dessus : le rapport du corporel au minéral, les enfouies, les sarcophages et les grottes.

Cette exposition a reçu le soutien de la Galerie Marie-Hélène de la Forest Divonne, rue des Beaux-Arts, Paris.

Rendez-vous

: : dimanche 19 mars à 15h - visite guidée par l'artiste

: : dimanche 19 mars à 16h15 - conférence par Claude Frontisi, professeur honoraire d'histoire de l'art (Université Paris X - Nanterre)

: : dimanche 7 mai - Un dimanche au musée : à 15h, visite guidée « découverte » animée par Anne Mulot-Ricouard, médiatrice culturelle au musée, pour découvrir l’essentiel de l’exposition. Durée : 1h. À 16h30, « Les p’tits découvreurs ». Dans l’exposition, des activités ludiques (jeux d’observation, de recherche, de création) attendront les enfants (à partir de 7 ans) accompagnés de leurs parents. Durée : 1h. Gratuit.

: : samedi 20 mai - La Nuit Européenne des musées - Séance Cinéma. Projection du film « Ivre de femmes et de peinture », réalisé par Im Kwon-Taek (Corée du sud) en 2002, sur une proposition de Guy de Malherbe.  

© photographies Alberto Ricci.

 

Evreux, année zéro. Reconstruire une ville meurtrie.

du 10 décembre 2016 au 23 avril 2017

Comme bien d’autres villes de Normandie et du nord de la France, Évreux fut sévèrement touchée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Ils eurent lieu les 9 et 10 juin 1940, lors de l’attaque allemande, puis à l’été 1944 par les forces de libération américaines. Ayant fait au total cinq cents morts, ces bombardements ont frappé le centre-ville dont huit cents édifices furent détruits, soit un quart des habitations. Dans le même temps, quelques haut-lieux du patrimoine se trouvèrent épargnés : tour de l’Horloge, cathédrale, palais épiscopal et l’Hôtel de Ville ont été préservés des destructions, comme l’église Saint-Taurin. Le rempart galloromain était pour sa part exhumé par les bombes.

« Évreux, année zéro » est l’aboutissement d’une campagne de collecte de témoignages auprès de la population d’Évreux. Nous avons suivi les chemins de la mémoire et de l’imaginaire de personnes, toutes très jeunes durant la Seconde Guerre. Nous avons fait moisson d’impressions, d’anecdotes, de souvenirs d’autant plus singuliers que passés au filtre d’une vie déroulée depuis lors. Une parole unique, fragile et précieuse : celle de femmes et d’hommes victimes du profond traumatisme de la table rase, devenus ensuite acteurs du relèvement de leur ville.

L’exposition couvre une période qui s’étend de 1939 à 1966, et aborde de nombreuses thématiques : destruction, vie quotidienne sous l’Occupation, Résistance, Libération, Reconstruction, urbanisme et architecture moderne, présence américaine, photographie et archéologie du contemporain.

Au sein du parcours de l’exposition, la parole des témoins cohabite avec des objets emportés durant l’exode, avec d’autres retirés des décombres de 40 et de 44 et précieusement gardés depuis lors, avec des photographies familiales, avec la documentation produite par le ministère de la Reconstruction montrant jour après jour les immeubles émergeant des champs de ruines, avec les belles images de Bernard Curé, photographe local, valorisant une architecture nouvelle. Des objets en provenance de l’ex-base militaire américaine, ainsi que du mobilier design des 50’s, incarnent l’avènement d’une société nouvelle.

Le tout orchestré par un artiste plasticien et poète, Samuel Buckman, auteur d’oeuvres inédites spécialement créées pour l’exposition, ainsi que de sa mise en scène…

Commissariat d'exposition : Florence Calame-Levert, conservateur du patrimoine et Samuel Buckman, artiste plasticien.

Exposition présentée au 1er étage du musée.

Rendez-vous

: : visite inaugurale le samedi 10 décembre à 15h. Gratuit.

: : visites de l'exposition les dimanches 5 février, 5 mars et 2 avril à 15h. Gratuit.

: : visites en famille les samedis 21 janvier et 18 mars à 15h. Gratuit.

: : ateliers jeune public gratuits sur réservation au 02 32 31 81 90.

"Jeux de constructions" Une visite-jeu pour apprendre à porter un autre regard sur l’architecture qui nous entoure. Mercredi 21 et 28 décembre de 10h à 11h pour les 3-6 ans et 14h30 à 16h pour les 7-12 ans.

"Dessine-moi une ville" Ou comment découvrir la ville d’Évreux autrement…. Mercredis 15 et 22 février de 10h à 11h pour les 3-6 ans et 14h30 à 16h pour les 7-12 ans.

: : workshop 13-17 ans "Les apprentis-ethnologues" Depuis février 2016, des collectes d’objets et des entretiens ont été réalisés auprès des Ébroïciens pour découvrir autrement la ville d’Évreux et sa reconstruction après la Seconde Guerre mondiale. Initiez-vous au travail d’enquête avec l’ethnologue Yann Leborgne et entrez dans les coulisses de l’exposition « Évreux, année zéro » ! Mercredi 14 décembre à 14h30. Durée : 2h avec Yann Leborgne, chercheur, et Florence Calame-Levert. Gratuit sur réservation au 02 32 31 81 90.

: : Cycle de conférences, concerts et théâtre Programme à venir sur www.evreux.fr ou sur la page Facebook du musée : www.facebook.com/evreuxmusee

: : Ciné-Club à la Bibliothèque-médiathèque d’Évreux Programme à venir sur www.culture-evreux.fr ou sur la page Facebook des bibliothèques d'Évreux : www.facebook.com/bibliotheques.evreux

: : Ouvrage "Évreux, année zéro", 220 pages, 25 euros (en vente à la librairie-boutique du musée)


Informations pratiques

Musée d'Art, Histoire et Archéologie
6 rue Charles Corbeau
27000 Evreux
Tél : 02 32 31 81 90
Fax : 02 32 31 81 99
Mail : musee.mairie@evreux.fr
www.evreux.fr

Entrée libre et gratuite
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 12h et de 14h à 18h.
Fermé le lundi et les 1er janvier, 1er mai, 1er et 11 novembre et 25 décembre.