Évreux, le

Manifestation de ce samedi 26 janvier

« La manifestation d’ampleur régionale à laquelle des gilets jaunes appelaient depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux s’est avérée à haut risque comme on pouvait le prévoir et comme on peut aujourd’hui le regretter.

A l’État nous avions demandés des moyens supplémentaires pour contenir les éventuels débordements. Sans succès.

Évreux a été victime d’une double peine :
Un État retranché dans son « bunker » derrière un cordon de forces de l’ordre, dispersant les manifestants. La colère d’une partie de ces manifestants s’est alors répandue dans le centre-ville, dégradations et incendies de véhicules à la clé, au pied même de l’hôtel de ville ,qu’aucune force de l’ordre ne protégeait malgré les risques évidents représentés par la présence de casseurs alcoolisés, venus de départements limitrophes.

Aucune réponse n’a été apportée en termes de maintien de l’ordre quand il en était encore temps. La ville a été livrée à elle-même. Les commerçants, les riverains, les usagers du centre-ville n’ont pas eu le droit à la protection de l’État, en première partie de journée.
Pendant ce temps les agents municipaux dont les policiers municipaux d’Évreux ont été exemplaires depuis le début de la journée.
Les forces de l’ordre sont venues en renfort, mais les feux étaient déjà allumés.
J’ai vu ces casseurs. Ce ne sont pas les gilets jaunes avec qui je discute depuis le début du mouvement contre une fiscalité injuste, et la désertification des services publics de proximité en milieu rural.
Ce sont des individus alcoolisés, violents, voulant casser tout ce qui est différent d’eux. Et ceux-là, ni les initiateurs de la manifestation, ni l’Etat ne les ont stoppés dans leurs agissements.

Je pense aux victimes directes de ces violences. Ces deux femmes courageuses dont les voitures ont été brulées, ces commerçants qui souffrent économiquement, les habitants en première ligne.
Je pense aux policiers d’Evreux, à certains gendarmes venus en renfort, en civil, aux policiers municipaux qui ont tous fait leur devoir.

Cette violence ne profite ni aux gilets jaunes, ni à la majorité silencieuse.

A l’heure ou des casseurs sévissent encore en centre-ville, l’incompréhension d’une mauvaise gestion de la situation par l’État dont l’une des missions premières et prioritaires est le maintien de l’ordre, laisse place à la colère du peuple."

Guy Lefrand, maire d'Evreux, président d'Evreux Portes de Normandie