Le 11 septembre 2008
Le mur que nous inaugurons ensemble aujourd’hui élève et apaise le cœur...
La mort
- Chaque société adopte une attitude particulière face à la mort.
- D'aucuns voudraient voir la mort traitée de façon festive, ce qui se fait chez certains peuples africains. D'autres n'envisagent aucunement d'aborder la disparition d'un proche sous l'angle de la bonne humeur et ne peuvent honorer la mémoire du disparu autrement que dans le recueillement et la tristesse.
- C'est l'Inconnu qui déstabilise.
- Mort et société : déni du deuil, mort refoulée hors du champs social.
- Difficultés et souffrances du mourant (euthanasie) / Travail du deuil
Deuil des enfants (morts nés)
- Le deuil d’un bébé / enfant fait partie des deuils particulièrement difficiles à faire pour les parents, pour la fratrie, mais aussi pour la famille élargie.
- Mur du souvenir : participe à la volonté d’offrir un accompagnement de qualité aux parents et familles endeuillées.
- Le silence autour d'un tabou :
Chaque année, des milliers de familles sont confrontées à ces drames longtemps niés. Pendant des décennies, en effet, on faisait comme si " rien ne s’était passé ". Que l’enfant soit mort-né, juste après sa naissance, ou que la grossesse soit interrompue, tout se passait comme si il n’y avait jamais eu d’enfant. Pas de corps. Aucune existence juridique. Pas de projet de couple.
- Nécessité du rituel des obsèques : évolution de la législation.
- Cour de cassation – 6 février 2008 : «Tout fœtus né sans vie à la suite d'un accouchement (peut) être inscrit sur les registres de décès de l'état-civil, quel que soit son niveau de développement».
- Les 2 Décrets du 22 août 2008 viennent entériner cette décision : un foetus né sans vie pourra donc désormais être inscrit sur les registres d'état civil. N'importe quel foetus, sans considération de son âge, ni de sa maturité. [Attention : polémique IVG]
- En obtenant le droit d'inscrire leur bébé sur les registres de l'état-civil, les parents obtiennent du même coup la possibilité de donner un prénom à leur enfant, de bénéficier de certains droits sociaux comme le droit au congé maternité, ou encore celui de récupérer son corps afin d'organiser ses obsèques et de faire leur deuil. [Actuellement, dans la plupart des hôpitaux, les foetus de moins de 22 semaines sont encore incinérés avec les déchets du bloc opératoire.]
- Ces décrets sont une réponse pragmatique et humaine à ces situations de deuil, et permettront aux parents et familles d'un enfant mort-né, de disposer d'une mention symbolique de cet enfant tant sur le registre de l'état civil que sur le livret de famille ou la stèle funéraire (mur du souvenir).
- Pensée pour toutes ces familles, notamment les parents de Pierric (10 septembre 2007) et Louna (9 juillet 2007) ici présents.
L’euthanasie
- Tout homme a le droit de mourir dans la dignité, c’est-à-dire le droit de vivre dignement sa mort.
- « Certes, c'est la vie qui vaut, mais elle vaut d'autant plus qu'elle est davantage libre. C'est en ce sens que le Comité consultatif national d'éthique a raison de parler d'une exception d'euthanasie. Qui dit exception dit règle. La règle, évidemment, c'est le respect de la vie humaine, mais respecter vraiment la vie humaine c'est aussi lui permettre de rester humaine jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à la mort inclusivement ».
- Une issue de secours exceptionnelle = le retour à l'humain
- Décision désespérée, quand tout a été tenté, quand tout est irrémédiable ou insupportable humainement pour le patient et l'entourage, l'euthanasie devient un moment profondément dramatique de l'aide au mourant, l'ultime sortie de secours.
- L'euthanasie existe de fait et elle est très loin d'être exceptionnelle
- Idéal républicain : il faut une loi
- Faire une loi sur l'euthanasie est la seule façon de la contrôler réellement et de combattre d'éventuelles et déjà réelles dérives
- On ne peut accepter qu'il y ait dans notre pays une mort à deux vitesses. Certains, parce qu'ils ont les moyens de choisir leur clinique, parce qu'ils connaissent des médecins à l'inverse d'autres, des millions de gens qui ne sont pas maîtres de leur mort, paraît un scandale social.
- Nous ne pouvons pas laisser aux médecins ni aux proches des malades le poids d'une telle responsabilité, ou en tout cas, et pour mieux dire, nous ne pouvons pas les laisser porter seuls cette responsabilité.
Le vendredi 08 janvier à 13:58:44