Le 5 décembre 2008
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Député,
Mesdames et Messieurs les élus,
Messieurs les anciens combattants,
Mesdames, Messieurs
Aujourd’hui, en cette journée nationale d’hommage aux morts civils et militaires pendant la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de la Tunisie, deux mots résonnent avec force et puissance dans notre mémoire et celle de la France toute entière : SACRIFICE ET RUPTURE.
SACRIFICE parce que les hommes morts dans cette guerre et ces combats, sont morts pour défendre une patrie et ses valeurs, morts dans la fidélité et la loyauté à notre République.
RUPTURE car malgré la fraternité qui nous liait à l’Algérie, au Maroc et à la Tunisie, cette guerre et ces combats ont éloigné des peuples et des nations qui ont de nombreuses fois par le passé, combattu ensemble pour défendre les valeurs de notre République, la LIBERTE, la FRATERNITE, l’EGALITE, contre le fascisme.
Ces deux mots éveillent dans nos esprits, des images et des souvenirs douloureux. Ce sont ces images et ces souvenirs qui rendent nécessaire l’hommage aux combattants « morts pour la France » pendant la guerre d’Algérie, les combats du Maroc et de la Tunisie.
C’est une ardente obligation qui se présente à nous, celle de rappeler, avec opiniâtreté et vérité, notre Histoire aux jeunes générations, qui auront à leur tour une grande responsabilité : celle de transmettre et de faire vivre une Histoire qui permet à notre République de grandir et de se construire.
Cette commémoration présente, en effet, une dimension pédagogique fondamentale, qui renforce les liens entre les générations et sert la cause de la paix.
C’est une continuation vitale dont nous avons la responsabilité, car elle est la garantie de l’union et de la cohésion de notre République, une République de la diversité, une République du respect, qui n’oublie pas ceux à qui elle doit beaucoup, ceux qui ont tout donné pour ce grand projet qu’est la France Républicaine.
Cet hommage doit aussi être une occasion de rapprocher ceux que l’Histoire a divisé, ceux que l’Histoire a séparé, nous savons tous que « l’incompréhension du présent, nait de l’incompréhension du passé ». Le chemin de l’apaisement des mémoires est encore long, mais poursuivons avec obstination les efforts, qui rapprochent, un peu plus chaque jour, tous les citoyens de notre nation.
Près d’un million et demi d’appelés et de rappelés ont participé à la guerre d’Algérie : soldats de métiers, combattants volontaires, Harkis, membres des forces supplétives. 23 000 y ont laissé la vie !
Il faut dire aujourd’hui, que le gouvernement français de l’époque n’a pas su protéger l’existence de beaucoup de ses combattants qui avaient fait le choix de combattre aux côtés de la France, pour la République.
A ceux là, nous adressons, aujourd’hui, notre gratitude et notre amitié, ainsi que notre plus grand respect. Nous rendons hommage à leur bravoure et saluons la valeur de leur sacrifice.
Je dois noter avec regrets, que la tradition républicaine, qui veut qu’une date commémorative reprenne la date historique marquant la fin des hostilités, ne soit toujours pas de mise pour cet hommage que nous rendons à la mémoire des morts civils et militaires de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie.
La date officielle du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie correspond au 19 mars 1962, c'est-à-dire, au lendemain des accords d’Evian. J’émets le vœu que la journée du 19 mars soit instituée « journée nationale du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la Guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie ».
Mes chers concitoyens, Pierre Mendes-France disait justement : " La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir. "
Aujourd’hui, nous nous souvenons, nous nous rappelons, et c’est un moment, chaque année, très important dans la construction et la préservation de notre pacte républicain.
Nous continuerons aujourd’hui et demain, à rappeler, sans complaisance ni faiblesse, ce qu’a été notre histoire, et nous continuerons tous, ainsi, à faire battre nos cœurs et vivre nos esprits REPUBLICAINS.
A tous les rapatriés, déracinés d’une terre qu’ils aimaient, aux anciens combattants, Harkis en particulier, je réitère l’expression de notre estime, de notre fidélité et de notre affection.
Le vendredi 08 janvier à 10:50:38