Vœux au monde associatif de la Ville d’Evreux et du Grand Evreux Agglomération

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Le 27 janvier 2009

La présentation des vœux n’est pas seulement un rite social. Elle se veut le témoignage de l’intérêt que l’on porte aux autres. Vous qui au quotidien avez fait le choix de vous engager au service de vos concitoyens, il nous a semblé indispensable de vous apporter en retour, la marque de notre intérêt pour vos actions. C’est pourquoi, nous avons souhaité vous réunir en ce début d’année et partager avec vous ce temps de rencontre et d’expression que je souhaite le plus convivial possible.

C’est un fait établi de longue date en France, le monde associatif bénéficie d’une reconnaissance générale des pouvoirs publics. Cette attention lui est due non seulement parce qu’il compte désormais plus d’1 million de structures associatives et 1 600 000 salariés, mais surtout en raison même de sa nature.

En effet, l’engagement associatif contribue « à substituer à l’égoïsme individuel, la loi féconde de la fraternité » comme l’écrivait Pierre Waldeck Rousseau lorsqu’il essayait de faire admettre sa vision républicaine sur la liberté d’association.

La Ville d’Evreux qui subit durement en raison de sa structuration sociale les conséquences de la crise économique, a besoin plus que jamais de cette « fraternité » que dispensent au quotidien votre présence et l’investissement de vos membres.

Le secteur associatif a subi lui aussi au sein même de son organisation, de ses composantes, les transformations imposées par notre société.

L’improvisation altruiste a depuis longtemps cédé la place à des obligations de rigueur et de professionnalisation en raison d’une réglementation et d’un contrôle accru et complexe. Il en va des enjeux financiers comme de ceux relevant de la responsabilité de leurs dirigeants et de leurs membres.

L’obligation de rendre des comptes sur l’utilisation de l’argent public de plus en plus présent, est passée par là.

Que leur objet relève du loisir, du social, du sport ou de la culture, le fonctionnement associatif se professionnalise et fait de ses dirigeants des chefs d’entreprises soumis aux mêmes contraintes que le secteur économique.

Enfin, la multiplication de l’offre associative rend le public toujours plus demandeur et exigeant. La judiciarisation a gagné le champ associatif et inquiète ses responsables plus encore lorsque ce sont des responsables bénévoles, préoccupés du seul engagement citoyen.

Dans un contexte général qui nécessite une attention accrue au monde associatif et un environnement local estimé par tous comme particulièrement dégradé, le programme de notre équipe était sans ambiguïté.

Il nous fallait :

  • réaffirmer le rôle des associations,
  • leur redonner une place centrale,
  • et leur donner les moyens de développer leurs actions.

En cela, nous faisions le constat du délaissement préjudiciable que subissait l’ensemble du monde associatif depuis ces dernières années.

Nous en évaluions ainsi les conséquences sociales désastreuses dans les secteurs de notre territoire qui justement ont le plus grand besoin d’interlocuteurs associatifs reconnus et soutenus.

La politique qui est engagée depuis le mois de mars 2008 porte témoignage de notre volonté de rompre avec cet état de fait et d’innover.

Pour nous, réaffirmer le rôle des associations, c’est rendre vos actions plus lisibles et efficaces.

Cela passe par une mise à plat concertée des objectifs poursuivis par les associations, pour assurer une meilleure perception de leurs missions et de leur efficacité auprès des publics concernés, notamment pour les plus importantes agissant dans le domaine social.

La réflexion sur l’action du Groupement d’intérêt public Le Phare, centré jusque là sur le projet social de La Madeleine va dans ce sens.

J’ai proposé au Conseil d’agglomération du Grand Evreux de valider l’extension du champ de compétences du GIP à l’ensemble du territoire de l’agglomération. Je remercie mes collègues élus de m’avoir suivi dans cette voie.

D’une manière générale, que ce soit pour les structures sociales comme le GIP ou toute autre association culturelle ou sportive, les nouvelles orientations que nous mettons en place inversent désormais « la charge de la preuve » si j’ose dire.

Je m’explique. Jusqu’à présent, la ville et l’agglomération lançaient en direction des associations des appels à projets sur des opérations à financer. Désormais, ce sont la ville et l’agglomération qui définiront les axes que notre équipe veut particulièrement travailler en partenariat avec les associations. Si vous souhaitez être partie prenante de telle ou telle opération, il vous faudra répondre à un cahier des charges préalablement défini. Il s’agit tout simplement de gérer plus efficacement l’argent public.

La reconnaissance du rôle des associations comme intermédiation sociale passe aussi par une intégration de leur représentation au sein de structures de concertation. C’est tout l’objet du dispositif de démocratie locale, pilier de notre politique municipale et d’agglomération.

Elargir le champ d’intervention des associations, c’est attribuer de nouveaux espaces d’expression démocratique.

En tant qu’acteurs de terrain, au plus près de la population, votre expression et le relais que vous faites de celle de vos adhérents, nous intéressent et doivent avoir toute leur place. Pour cela de nouveaux lieux vous sont désormais ouverts.

Ainsi, aux côtés de l’ensemble des représentants des collèges constitutifs des conseils de quartier, ces lieux de réflexion et de proposition sont les vôtres.

Je souhaite rappeler que la loi Vaillant n’oblige pas les communes de moins de 80 000 habitants à créer ces instances de consultation. Notre décision de les mettre en place à Evreux relève donc de notre volonté de faire de vous tous, des acteurs de premier plan dans l’évolution de notre territoire.

Tous les domaines d’intervention vous sont désormais accessibles, qu’ils touchent à la rénovation urbaine, à la construction de nouveaux équipements sociaux, culturels et sportifs, au futur plan de déplacements urbains, à l’animation, aux actions de développement durable, etc.

La rénovation urbaine constitue à nos yeux le fer de lance de la concertation citoyenne où associations et population doivent pouvoir s’impliquer aux côtés d’experts en urbanisme.

Les ateliers participatifs que nous venons de lancer pour la rénovation des quartiers de La Madeleine et de Nétreville, représentent à Evreux une innovation dont je tiens à souligner l’importance. La participation active des associations à ces ateliers urbains doit enrichir la réflexion sur la base de la connaissance approfondie des besoins des habitants et des lieux qui est la vôtre. Ce travail en commun doit pouvoir déboucher sur des propositions que j’espère remarquables dans tous les sens du terme.

Des commissions extra municipales sur les thèmes de l’animation, de la jeunesse, de la place des handicaps, sur la lutte contre les discriminations dans la cité, sur la fraternité, sont en cours de constitution. Là aussi nous sollicitons votre participation active.

A l’échelle du Grand Evreux Agglomération, outre l’action du GIP intercommunal que j’ai évoquée, j’ai souhaité que se constitue comme je l’ai annoncé la semaine dernière, une instance dont nous attendons beaucoup : le Conseil économique, social et d’environnement (CESE) du Grand Evreux Agglomération. Pour la première fois dans l’histoire de notre territoire, un Conseil composé d’experts et de représentants d’associations issues du Grand Evreux est appelé à mener sur la durée, des réflexions approfondies dont la traduction concrète devront servir l’originalité et l’attractivité de notre territoire.

Ces outils d’expression démocratique sont autant de leviers mis à votre disposition pour renforcer l’implication citoyenne dans les changements profonds que les habitants de ce territoire attendent.

Je reconnais volontiers que la démarche participative n’est pas sans effets contraignants.

Elle exige de vous encore plus de présence et d’implication. Je vous remercie très sincèrement au nom de toute mon équipe de tenir votre rôle au sein de ces nouvelles instances y compris dans des structures comme celle du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) que nous venons de réactiver.

Les graves difficultés économiques que nous traversons doivent nous inciter à faire preuve d’imagination. En m’adressant à vous, dont l’engagement citoyen constitue le ferment de votre action, je sais pouvoir compter sur votre capacité à aborder ces défis.

Car ce sont bien des résultats qu’attendent un grand nombre d’Ebroïciens, trop souvent laissés pour compte. Nous avons l’obligation de les obtenir dans des délais aussi réduits que possible. L’accumulation de frustrations dues au manque de logement ou d’emploi ou encore la sensation de passer toujours à côté des bons aspects des changements, a pour effet garanti, le repli sur soi identitaire ou non et le désengagement social.

C’est pourquoi nous avons le devoir de démontrer collectivement notre efficacité. En cette période de turbulences économiques inégalées où l’argent public est, et se fera comme il est à craindre, de plus en plus rare, nous devons respectivement assumer nos responsabilités.

Nous en tant qu’élus, soucieux comme je l’ai dit, d’octroyer aux associations les moyens de remplir le rôle pour lequel elles se sont constitué.

Vous, dirigeants et salariés d’associations qui avaient à cœur de parvenir à satisfaire en toute liberté vos objectifs au service des citoyens.

Pour ce faire, le Conseil Municipal du 9 février examinera une délibération portant sur la contractualisation avec le monde associatif basée sur des objectifs clairement définis et négociés dans la transparence.

Le budget consacré aux subventions des associations pour l’année 2009 entérinera donc le principe de conventions triennales d’objectifs et de moyens.

Ces nouveaux modes d’attribution ont déjà fait l’objet d’une présentation lors des 1ères Assises du Sport qui se sont tenues en septembre, les associations sportives étant particulièrement concernées par ces dispositifs. José Laheye, Jean-Christophe Boulanger ont été les têtes pensantes de cette nouvelle politique.

Je les remercie d’y avoir consacré l’énergie que cela méritait.

Les critères retenus qui serviront désormais de fil conducteur à l’octroi de subventions prendront en compte prioritairement les actions des associations qui sauront favoriser l’épanouissement de la jeunesse, le développement des préventions sociales en direction des publics les plus fragiles, la valorisation en toute circonstance de la pratique de la démocratie participative. Toutes ces actions devant être menées dans le respect permanent du principe de laïcité.

Ces critères ne sont pas mis en place pour réduire notre intervention.

Pour preuve de notre volonté, le vote du budget 2009 a acté une augmentation de 4,6 %, soit près de 4,5 millions d’euros de subventions, contre environ 4,3 millions d’euros votés par l’ancienne municipalité lors de son dernier budget 2008.

Cette détermination politique, je vous le rappelle, a déjà été démontrée en juin et septembre 2008, à l’occasion de la prise en compte de la situation budgétairement très délicate de certaines associations. Le Conseil municipal a ainsi octroyé à ces structures des aides exceptionnelles, portant ainsi l’augmentation globale des subventions à près de 9 % en 2008.

A ces aides directes, s’ajoutent la construction de la nouvelle salle de sports d’un montant de 28 millions d’euros et de la salle des musiques actuelles et contemporaines (SMAC) dont la vocation est de répondre aux attentes légitimement impatientes des associations sportives et culturelles.

Ces équipements modernes et fonctionnels constitueront en effet une aide précieuse à leurs actions. Ils feront l’objet d’une gestion soucieuse des intérêts de tous, utilisateurs associatifs, population et élus. Comme c’est le cas actuellement, les services de la ville d’Evreux et du Grand Evreux Agglomération répondront encore présents pour vous servir d’interlocuteurs quotidiens et attentifs, et je les remercie.

Au-delà des aspects financiers et matériels, il nous semble essentiel que pouvoirs publics et associations retrouvent le chemin de la confiance, celui des échanges libres et constructifs avec les élus. Nous sommes nombreux à être issus du monde associatif et à y conserver des responsabilités. Nous en connaissons donc les difficultés, notamment celles d’assurer l’indispensable relève des dirigeants.

Je n’évoque pas ici seulement les élus de la ville d’Evreux mais ceux de l’ensemble du territoire qui savent combien les associations contribuent à maintenir le lien entre les habitants des communes moins urbanisées.

Le Grand Evreux Agglomération a pour ambition d’impulser pour son territoire une nouvelle dimension associative débordant du cadre étroit de chaque commune. Olga Bidault, Catherine Caillat, José Laheye, Jean-Christophe Boulanger pour ne citer qu’eux, sont des élus à l’écoute non seulement des associations ébroïciennes mais de toutes celles qui voudront bien travailler à l’enrichissement de notre territoire.

L’idée d’une grande animation, carnaval ou festival, qui regrouperait plusieurs communes germe dans nos esprits et fera son chemin avec votre aide.

Nous avons en partage le même désir de faire évoluer notre territoire vers plus de solidarité, de respect mutuel. Nous voulons travailler avec vous pour rendre notre territoire plus accueillant, dynamique, inventif. Nous sommes porteurs de la même volonté de transformer notre cadre de vie, de ne pas laisser en chemin ceux qui sont toujours oubliés.

Votre désintéressement fait votre force. Soyez assurés de notre intérêt pour votre engagement.

Je formule le vœu que 2009 soit pour vous tous, une année de tous les possibles.