Le 16 avril 2009
Si « Le réel, c’est quand on se cogne », pour reprendre l’expression de Jacques Lacan, un célèbre psychanalyste français, alors force est de constater que la Mondialisation heureuse s’est cognée au principe de réalité depuis septembre dernier. Le système économique en vigueur depuis la fin des années 70 a déséquilibré le rapport entre capital et travail et a permis à quelques uns de s’enrichir en faisant porter le risque aux véritables créateurs de richesse, les salariés ou les entrepreneurs. Avec cette crise, la fable d’un modèle économique uniquement financier, un modèle bienveillant, harmonieux et in fine profitable à tous s’est évaporée. C’est aussi une crise qui coïncide avec la prise de conscience de l’urgence écologique, péril qui lui ne s’arrêtera pas par un simple soutien financier, aussi massive soit-elle.
Il faut donc laisser la place à une autre réponse, il faut promouvoir un autre modèle de développement plus solidaire, plus respectueux de l’environnement. Parmi les réponses à cette crise : l’économie sociale et solidaire. C’est un concept ancien : déjà l’économiste français Charles Gide le théorisait au siècle dernier. Qu’est-ce que l’économie sociale et solidaire ? Je me permets d’en donner une définition trouvée sur le site de l’Adress : « L’économie sociale et solidaire regroupe l’ensemble des activités contribuant à la démocratisation de l’économie à partir d’engagements citoyens »
Parmi ces activités, il y a par exemple les Sel - Les Systèmes d’Echanges Locaux (SEL) qui ont vu le jour en France au début des années 90. Il en existe près de 300 et leurs adhérents échangent :
- des produits (légumes, artisanats divers, etc.),
- des services (réfection d’une toiture, pose d’un système électrique, prestation de repas chauds, etc.)
- des savoirs (cours de musique, soutien scolaire, etc.)
L’Economie Sociale et solidaire, c’est également Les Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne (AMAC), l'Insertion par l'Activité Economique (IAE), le Commerce équitable, etc…
On le voit, cette conception de la création de richesse est totalement opposée à celle que nous subissons depuis de nombreuses années, celle de l’argent-fou, celle de l’argent roi. Elle est irriguée par un principe de responsabilité et place l’humain au cœur de son principe d’action.
Cette ambition humaniste, c’est en actes que nous la réaliserons, c’est sur le terrain qu’elle doit être concrètement et rapidement déclinée. Nos collectivités territoriales, principal investisseur public depuis de nombreuses années, au contact direct de la population, sont légitimes à agir. Elles seront les courroies de transmission des projets de l’Economie Sociale et Solidaire, elles en relayeront les initiatives. Ce sera d’ailleurs l’un des objectifs de cette table-ronde : quelle articulation peut-on trouver entre territoire et promotion de l’économie sociale et solidaire ? Quels outils sont à la disposition des collectivités territoriales pour favoriser les projets de l’ESS ? Quelle est la place des entreprises de l’ESS dans l’économie régionale ?
Je laisse maintenant à M. Taleb, président de l’Agence de Développement Régional de l’Economie Sociale et Solidaire, le soin de nous expliquer tout cela plus en détail.
Je vous remercie.
Le mardi 05 janvier à 16:38:28