L'Iton

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L’Iton, source de vie depuis l’Antiquité

Le trajet de l’Iton à travers la ville ne correspond pas à son parcours originel. Les canaux (de nos jours une quinzaine de bras sur une vingtaine de kilomètres) ont été creusés par l’homme dès l’époque gallo-romaine, pour se protéger des ennemis notamment, puis, au Moyen Âge, pour des raisons économiques et « sanitaires » : eaux usées, lavage du linge, énergie hydraulique, flottage du bois, abreuvoirs pour les animaux domestiques…

Des moulins dès le XIIe siècle

Cités dès la fin du XIIe siècle, la plupart des moulins servaient à moudre le grain. La force motrice de l’eau a ainsi joué, du Moyen Âge à la Révolution industrielle (XIXe siècle) un rôle primordial dans le développement économique de la cité. L’énergie hydraulique permit ainsi le développement des tanneries et des draperies. Ces dernières connurent leur apogée au XVIIIe siècle (57 drapiers en 1753) pour peu à peu laisser place à la production de coutil (toile épaisse, utilisée pour les matelas par exemple), particulièrement célèbres à Évreux au milieu du XIXe siècle.

A cette époque, on comptait une vingtaine de moulins et usines sur les rives de l’Iton, propulsant le département de l’Eure parmi les départements français les plus précocement et les plus durablement engagés dans la vie de l’industrialisation par énergie hydraulique.

Des lavoirs dans toute la ville

A l’origine simples planches posées au bord de l’eau, le lavoir était formé d’un plan incliné, un peu en surplomb sur la rivière, d’une barre pour poser le linge et d’un auvent.

Les propriétaires des maisons donnant directement sur la rivière en possédaient un particulier. Certains s’associaient pour acheter une parcelle de terrain et utiliser un lavoir commun.

Au XIXe siècle, la municipalité fit construire plusieurs lavoirs publics : au Pré-Margot en 1880 ; rue de la Rochette en 1895, etc.

Dans les années 60, il était encore courant d’aller rincer son linge au lavoir, comme de laver ou de mener boire les chevaux aux abreuvoirs qui les jouxtaient.

La ville aux cent ponts

D’abord en bois, les ouvrages les plus importants furent progressivement remplacés au Moyen Âge par la pierre. Seules les passerelles privées, constructions plus modestes, demeurèrent le plus souvent en bois.

D’autre part, les portes de l’enceinte médiévale possédaient toutes des « planchettes » qui permettaient de franchir la rivière sans être obligé de manœuvrer les lourds ponts-levis.

Les ponts suspendus, les ponts en béton et les ponts métalliques apparurent au XIXe siècle.

Les Promenades de l’Iton : une création de la Reconstruction

C’est après la Seconde Guerre mondiale que la municipalité décida de créer une percée dans la rue Chartraine, afin d’élargir la perspective sur la cathédrale et l’évêché, et de l’enrichir par la mise à jour d’une partie de l’enceinte romaine, baignée d’un Miroir-d’eau.

A partir de cet aménagement, les rives de l’Iton, jusqu’alors bordées de maisons et de lavoirs, furent dégagées pour constituer les « Promenades de l’Iton » aujourd’hui restaurées.