Discours du 30ème anniversaire de l'élection de F.Mitterand

Partager


Allocution de Michel Champredon
Maire d’Evreux, Président du Grand Evreux Agglomération
Plantation de l’Arbre du 10 mai
Mercredi 4 mai 2011
Parc François Mitterrand


Monsieur le Ministre,
Monsieur le Maire de Louviers,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur Serge Moati,
Mesdames et Messieurs,


Il y a trente ans, presque jour pour jour, la France attendait. C’était un 10 mai. Une date comme une autre, mais une date qui échappera aussi longtemps que nous vivrons à l’oubli et à la patine du temps…

Ce dimanche 10 mai 1981, pour la première  fois de son histoire, la Vème République voit la victoire de la Gauche.


François Mitterrand devient le 4ème Président de la Vème République avec 51.8 % des suffrages exprimés.

De CHATEAU CHINON, le Président nouvellement élu déclare dans une salle comble :

«Cette victoire est d’abord celle des forces de la jeunesse, des forces du travail, des forces de création… Elle est aussi celle de ces femmes, de ces hommes humbles militants pénétrés d’idéal, qui, dans chaque commune de France, dans chaque ville, chaque village, toute leur vie, ont espéré ce jour où le pays viendrait enfin à leur rencontre…

Des centaines de millions d’hommes sur la terre sauront ce soir que la France est prête à leur parler le langage qu’ils ont appris à aimer d’elle… »

Jeune Ebroïcien, j’étais de ceux-là.

Aujourd’hui, 30 ans après cette journée du 10 mai 1981, quinze ans après la disparition de François Mitterrand, c’est donc à la fois à titre personnel et en tant que Maire d’Evreux que je suis fier de rendre hommage à l’Homme d’Engagement que fût François Mitterrand et à l’Espoir qu’il a su faire naître dans notre pays.

C’est également l’hommage d’une ville et d’un département profondément républicain que je vous propose.

C’est l’hommage modeste, aussi, d’un département, le nôtre, à l’un des siens, Pierre Mendès-France ; car je sais que François Mitterrand eût aimé qu’en ce jour, à Evreux, l’on  n’oubliât pas celui qui fût un des pères de la Victoire de 1981.

François Mitterrand, le jour de son investiture, prononça ces mots qui touchèrent tant l’ancien Président du Conseil : «Monsieur, indépendamment des membres de ma famille et de mes amis personnels, vous êtes la personne dont la présence ici me touche le plus. Vous avez été l’initiateur de ce grand mouvement, sans vous, je ne serais pas là ».

C’est aussi l’hommage de la capitale de l’Eure à toutes celles et tous ceux, ces « anonymes » parfois, qui ont « fait » 1981. Cet hommage est celui d’une ville que je sais attachée à la mémoire du Président, elle qui, dès sa disparition, donna en mars 1996 son nom au Jardin Public où nous sommes réunis.

Mes chers amis,

Je tiens à saluer plus particulièrement Messieurs Serge Moati et Paul Quilès, qui nous ont fait l’honneur d’être parmi nous pour ce moment ; eux

qui ont joué un rôle si décisif dans l’événement historique que nous célébrons aujourd’hui.

Je tiens également à excuser Laurent Fabius, ancien Premier ministre de François Mitterrand qui souhaitait être présent parmi nous mais qui est malheureusement retenu à Washington par le Centre d’analyse stratégique.

A vous qui avez fait le déplacement.  Merci à vous, 
Merci d’être là pour célébrer le Président François Mitterrand.

Nous sommes à notre place dans ce parc pour célébrer ce 10 mai en fraternité. Car François Mitterrand aimait les jardins, les arbres, la nature.

J’aime donc à croire qu’il aurait aimé cet hommage que nous lui rendons aujourd’hui. L’amoureux des arbres aurait aimé que nous rendions hommage à la Victoire de la Gauche par la plantation d’un Arbre, symbole de vie.

Sollicitant Hubert Védrine, Président de l’Institut François Mitterrand, j’ai retenu la leçon : «surtout Michel  - m’a prévenu Hubert Védrine - pas de résineux ; le Président n’aimait pas les résineux. »

On se rappelle cette anecdote, raconté par Jean Glavany qui, apprenant à 18 h 30 que Mitterrand était considéré comme vainqueur, court retrouver le candidat et, se retrouve devant François Mitterrand tout à son explication à Ivan Levaï sur la forêt du Morvan, dénaturée, dévastée, par l’invasion des résineux, au nom d’impératifs économique à courte vue…

C’est donc avec ce qui sera un magnifique mûrier qui, si tout se passe bien, nous survivra d’un bon siècle et demi, que la Ville d’Evreux rend aujourd’hui hommage au Président Mitterrand. Cet homme qui aimait tant les arbres, et les racines – sans lesquels nous ne sommes rien.

A Château Chinon, le 10 mai 1981, François Mitterrand s’adressa à ses compatriotes par ses mots : « Au-delà des luttes politiques, des contradictions, c’est à l’histoire qu’il appartient désormais de juger chacun de nos actes. »

Trente après, lorsque je veux me rappeler, comme en ce jour, ce que laisse dernière lui François Mitterrand, j'entends encore ses mots qu'il prononça lors de sa réélection 7 ans plus tard : « Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour  qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire  n'est de trop. » 

Je vous remercie.

Michel Champredon