Cérémonie des voeux 2011 aux acteurs de la vie associative

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Cérémonie des voeux 2011 aux acteurs de la vie associative

Michel Champredon
Maire d’Evreux
Président du Grand Évreux Agglomération
Vice-président du Département de l’Eure

Samedi 15 janvier 2011

Mesdames, Messieurs les Présidentes et les Présidents d’Associations ;
Mesdames, Messieurs les Élus ;
Mesdames, Messieurs les membres des Associations ; 
Mesdames, Messieurs les représentants des collectivités partenaires ; Mesdames, Messieurs ;
Chers amis


La cérémonie des vœux aux acteurs associatifs est pour nous, élus d’Évreux, davantage que l’accomplissement d’un rite. Ce temps convivial est un moment de reconnaissance de la qualité du travail accompli par vous tous, et du plaisir, je l’espère, que vous avez à l’accomplir. Je parle d’expérience, issu moi-même, comme la plupart de mes collègues élus municipaux, du mouvement associatif.

Avec la loi de 1901 sur la liberté de création d’associations, il y aura 110 ans le 1er  juillet prochain que ce mouvement riche, démocratique, imaginatif, militant et passionné s’enracine et grandit dans notre pays. C’est aussi le reflet de la maturité de notre société, capable d’encourager la vitalité de la libre association des citoyens.

Et ces citoyens, c’est vous !

Vous, les responsables, les milliers de membres de ces centaines d’associations ébroïciennes, qui faites don de votre générosité, de vos convictions, de votre souci de bien faire et de servir. Bénévoles ou salariés, chacun selon votre passion et votre disponibilité, vous tissez les fils de l’énergie militante et citoyenne dans notre ville d’Evreux.

La Ville d’Evreux justement.

J’ai grandi et mûri mon engagement politique dans le monde associatif. La Mairie, je le sais d’expérience, c’est l’acteur incontournable d’une association et le partenaire à séduire en permanence. Un compagnon qui, lui aussi, peut avoir des fins de mois difficiles, disons plutôt des fins d’années !


Sans doute avez-vous lu ou entendu dans le débat national les alertes et les inquiétudes des élus et de leurs associations. Avec la crise économique, avec la réforme des collectivités territoriales, les collectivités sont financièrement étranglées et pourtant, elle doivent faire des choix.

Des choix souvent compliqués.

Je pense bien sûr au Tennis de Table ou au cyclisme qui voulaient continuer leur ascension sur une stratégie professionnelle ou nationale. Je remercie leurs dirigeants pour leur engagement. J’ai entendu leur déception, je la comprends. Mais, nous sommes trop respectueux d’eux pour les laisser progresser alors que la Ville, et chacun le comprend, ne pouvait pas soutenir financièrement 7 clubs au total, au niveau national dont trois professionnels…Fallait-il  y consacrer l’essentiel de nos subventions ? Fallait-il assécher le reste du monde associatif ? Fallait-il renoncer à notre priorité qui est et reste le sport de masse, le sport pour tous. Nous n’avons pas voulu faire prendre le risque de la gestion à ces « PME du sport » qui ont des salariés et des engagements financiers importants. Il fallait mieux, en responsabilité, faire des choix. En matière de sport professionnel nos choix se sont portés sur le basket masculin avec l’ALM Evreux basket et le volley féminin avec Evreux Volley Ball.

Bravo aux filles du volley-ball pour leur bon parcours jusqu’en coupe d’Europe. Et un clin d’œil également aux garçons, les basketteurs qui font vibrer leurs milliers de supporters à chaque match.

Les équipes ébroïciennes font parler d’elles, en France et un peu partout en Europe. Mais les associations ébroïciennes jouent aussi leur partition à domicile, via une immersion dans la vie de tous les jours aux côtés des Ébroïciens.

Nous sommes réalistes et responsables. Mais nous savons aussi être ambitieux. La subvention municipale s’élève toujours à un niveau conséquent.

Un seul chiffre pour témoigner de cette priorité municipale : Évreux a injecté 8,3 millions d’euros pour aider les associations et accompagner leurs projets, soit plus de 156 euros par Ebroïcien. C’est un engagement puissant, assumé par chacun d’entre nous, membre ou non d’une association ! 

Et face à cette générosité publique, il y a vous, les militants associatifs qui nous la rendez bien. Merci !

Au-delà du sport que j’évoquais, je pense à toutes ces actions qui encouragent l’épanouissement de notre jeunesse, celles en direction des publics les plus vulnérables et la valorisation en toute circonstance de la démocratie participative et de la parole citoyenne.

Par avance, pardon pour celles que je ne citerai pas. N’y voyez aucun mauvais esprit de ma part : elles sont si nombreuses, les citer toutes nous demanderait plus de temps de parole que vous ne pourriez supporter !

Bravo en tout cas aux bénévoles de l’action sociale, à celles et ceux qui consacrent leur énergie à raccrocher les plus fragiles aux wagons de la modernité.

Le Handicap par exemple est encore trop souvent un obstacle à une citoyenneté commune et partagée. L’association Ancre agit pour changer le regard sur le handicap. L’EAC Athlétisme et le Judo de Navarre ont montré leur passion pour une mixité réelle entre sportifs. La bibliothèque sonore s’investit tous les jours pour un accès équitable aux pratiques culturelles.

Merci également aux associations qui donnent une nouvelle chance à ceux laissés sur le bord du chemin, sortis trop tôt du monde scolaire ou du marché du travail. L’Association Cicérone a ainsi choisi un angle original mais efficace, celui de l’insertion sociale par la réparation de vélos. Adoucir la compétition scolaire, voilà les actions pilotées par L’Association Réseau Réciproque, dont la qualité du soutien scolaire est saluée par bien des membres de la communauté éducative.


Félicitations enfin aux artistes qui ont prolongé leur passion en transmettant le virus aux plus jeunes. Grâce à l’Association l’Appart et ses ateliers mosaïque, des artistes plasticiens ont fait découvrir leur art aux habitants de La Madeleine. Une volonté d’ouvrir les populations à la culture qui a également guidé la compagnie NOUS à Nétreville.

Ça bouge du côté des associations à Evreux !

Mais - allez-vous me demander - que faisons-nous du côté de la Ville d’Évreux ?

C’est souvent un travail peu visible, mais essentiel, car c’est un travail de fourmi, pas toujours spectaculaire, mais tellement indispensable pour mettre en musique toutes ces actions.

Là, votre attention va peut-être baisser un peu. Je vous demande cependant de rester attentifs, car derrière des sigles administratifs un peu abscons, il y a l’expression d’une volonté forte pour plus de cohérence, plus de visibilité, plus de modernité.

La modernisation de nos outils administratifs, c’est un accompagnement et un échange de savoirs. Je pense au Certificat de Formation à la Gestion Associative, le CFGA, mis en place pour la première fois en 2010, et à la convention d’objectifs et de moyens.
Je pense aussi à la démarche d’évaluation.  Le but de ces deux outils est de donner les bonnes clés pour animer sans trop de souci une association et bien utiliser l’argent reçu.

Nous avons également décidé de fluidifier les relations entre les Projets Sociaux de Territoire. Le GIP a sans doute eu son utilité, ses succès. Mais, à la demande de la préfecture, et je dois dire de l’avis de tous, il fallait passer à une nouvelle étape, alléger les contraintes de fonctionnement et en réorienter les énergies et les moyens vers l’action de terrain. Si nous adaptons notre organisation en matière d’impulsion des PST, je compte par contre –et les choses étaient entendues comme cela- sur le maintien des moyens de chaque partenaire Etat, CUCS et CAF, afin que ces moyens servent sans doute moins à financer de coûts de gestion et davantage des actions (même si on n’échappe pas non plus aux frais de structure : les projets ne trottent pas tout seuls sur le trottoir, ils sont bien préparés par des cadres et sont examinés par des instances utiles).

De la passion et de l’attention aux autres, c’est bien ! Pourtant rien ne peut se faire sans des espaces d’accueils, des lieux de convivialité, des équipements publics adaptés aux besoins.

En la matière, à Evreux, nous avons fait parler la poudre et notre ambition.

Vous l’avez lu dans le magazine municipal, il y a quelques semaines, les chantiers fleurissent dans notre ville.

Les footballeurs peuvent déjà fouler, par tous les temps, la pelouse synthétique de La Madeleine. La nouvelle jeunesse des terrains de tennis de l’ASPTT renforcera l’offre sportive.

Bientôt, les chants de supporters animeront les soirées de la salle de sport et de spectacles. Face à l’état actuel de la salle omnisports, deux possibilités s’offraient à la Ville : rénover ou reconstruire. Une simple rénovation, aurait couté au budget de la ville le même effort, entre 6 et 7 millions d’euros mais sans les fonctionnalités pour les congrès et les spectacles permises par une salle neuve et sans les dimensions de développement durable et particulièrement énergétiques. Cerise sur le gâteau, réhabiliter la salle de sports, cela voudrait dire au bas mot, deux ans d’inactivités dans ces lieux, avec l’obligation de trouver des hébergements adaptés, particulièrement pour la MJC et le basket. Pour terminer sur ce sujet qui a pimenté le débat démocratique, il est faux de penser que  les 28 millions de travaux auraient pu être réorientés vers des équipements de proximité. Ces crédits ont été fléchés vers la salle de sports et de spectacles dans le cadre du contrat d’agglomération et ne sont pas transférables sur d’autres dossiers.
L’Europe, l’Etat, le FNDS, la Région, le Département et l’agglomération (soit 80% du cout total de la construction de cette nouvelle salle), dans le contexte économique actuel, auraient été trop contents de récupérer cet argent.

Je parlais tout à l’heure de culture. Avec la Salle des Musiques Actuelles - la SMAC - et le théâtre rénové, elle bénéficiera d’un fleuron au rayonnement régional et répondra enfin aux ambitions d’une capitale départementale.

La qualité des espaces de vie des associations compte aussi énormément. Les maisons de quartier de La Madeleine et Nétreville dont la rénovation est à notre agenda, constitueront des lieux d’épanouissement pour nos associations. Du côté de Navarre, je sais que l’Amicale du quartier aspire à s’installer dans des locaux plus spacieux pour permettre le développement de ses activités. Au centre ville, la MJC doit envisager de nouveaux locaux après la démolition de la salle omnisport. Pour ces deux quartiers nous avons quelques idées intéressantes à proposer le moment venu. Quant à Saint-Michel déjà doté de la phase 1 de la maison de quartier, l’ALSM attend l’étape nouvelle. Là encore quelques priorités devront être fixées. Tout en répondant aux besoins de locaux, un phasage dans le temps est nécessaire. Car il faut rappeler que nous avons hérité un patrimoine bâti en mauvais ou très mauvais état.
Au-delà de votre rôle de bénévoles associatifs, vous être contribuables, vous gérez votre budget familial. Et quand vous ne pouvez pas acheter la maison de vos rêve, ou vous prenez une maison un peu plus petite ou vous décaler l’acquisition. Le budget de la Ville répond a ces mêmes contraintes. 

Bien sûr, toutes ces ambitions, tous ces moyens, toutes ces modernisations sont portés par des élus de proximité. Vous les connaissez bien.

Tous les élus municipaux, les adjoints en tête mais aussi les élus référents relayent vos préoccupations pour les traduisent en actes et en projets. Ce sont eux qui mettent en musique les énergies pour donner corps aux perspectives tracées pour le monde associatif depuis mars 2008. Ils font preuve d’un sens de la mobilisation et de la disponibilité que je tiens à saluer.

Je conclurai en disant que les associations et la Ville d’Evreux, c’est une histoire d’amour et de raison ; quelques scènes de ménage brouillent un peu le ciel bleu de temps en temps. Mais ce Pacs a montré sa fécondité et sa créativité.

Cet alliage d’engagement citoyen et de passion pour l’autre est notre boussole commune. Elle nous guide et nous montre le cap.

Aux jeunes générations de prolonger cet état d’esprit volontaire et généreux. Et pour Evreux, je ne suis pas inquiet ! Nous accueillerons en effet, dans quelques semaines, la rencontre régionale des Junior Association. Nos jeunes auront alors à l’esprit cette phrase magnifique de Stéphane Hessel : « c’est en s’engageant qu’on devient Homme ».


Bonne année 2011 à toutes et à tous. Merci.