Emplois supprimés dans l'éducation

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« EDUCATION : DES MILLIERS D’EMPLOIS SUPPRIMES, LA QUALITE DU SERVICE PUBLIC SACRIFIEE»
 


Lundi 29 mars 2010
 


L’Inspecteur d’Académie vient de nous informer, dans le cadre de la préparation de la rentrée 2010, du projet de fermeture de 11 classes à Evreux, principalement dans le quartier de La Madeleine :
-    Ecole Michelet : retrait du 7ème poste préélémentaire et du 11ème poste élémentaire
-    Ecole Romain Rolland : retrait du 5ème poste préélémentaire  et du 8ème poste élémentaire.
-    Ecole Maxime Marchand : retrait du 5ème poste préélémentaire et du 12ème poste élémentaire
-    Ecole Joliot Curie : retrait du 10ème poste élémentaire.
-    Ecole La Forêt : retrait du 6ème poste élémentaire
Ainsi qu’à l’école de Navarre : retrait du 9ème poste élémentaire et du 6ème poste préélémentaire (si l’effectif reste inférieur à 30 élèves).
Et à l’école élémentaire Le Clos au Duc : retrait du 7ème poste élémentaire.
Ces suppressions de postes touchent donc particulièrement des établissements en Zone éducation prioritaire ou en Réseau d’éducation prioritaire. Une nouvelle fois, ces mesures sont élaborées à partir d’une logique purement comptable – qui s’appuie sur la baisse des effectifs – qui ignore totalement la réalité sociale et scolaire des quartiers.
Ces mesures, si elles viennent à être confirmées en septembre prochain, ne viendront qu’aggraver les inégalités sociales et hypothéquer un peu plus l’éducation et donc l’avenir de nos enfants.
Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy :
-    plus de 40 000 postes d’enseignants ont été supprimés (11 200 en 2008 et 13 500 en 2009). 16 000 suppressions de postes sont prévues en 2010.
-    A la rentrée 2009, 3 000 postes de remplaçants ont été supprimés. En 2009, 900 postes d’enseignants chercheurs ont aussi été supprimés
-    En janvier 2010, 150 M€ de crédits ont été annulés pour le secteur de la recherche et de l’enseignement supérieur.
L’accumulation de ces mesures ont des conséquences désastreuses : classes surchargées, enseignements et options supprimés, remplacements non assurés, recours aux emplois précaires…
Aujourd'hui, l’éducation subit de plein fouet les politiques gouvernementales et traverse une crise majeure.
En dépit des efforts toujours plus grands de la communauté éducative, malgré la mobilisation des collectivités territoriales, la démocratisation scolaire est à l’arrêt : les résultats stagnent depuis quelques années, les inégalités s’accentuent fortement, les sorties sans qualification demeurent préoccupantes.
A cela vient s’ajouter la proposition de Luc Chatel d’ « élargissement du vivier de recrutement » qui est vécue par les élèves, leurs parents et les enseignants comme une véritable provocation :
-    Elle demandera aux étudiants en master de quitter provisoirement leurs études pour prendre la responsabilité au pied levé d’une ou plusieurs classes. Cela démontre le peu de cas fait par le gouvernement aux études universitaires
-    Elle proposera aux retraités de revenir enseigner, ce qui ouvre la voie à une reprise d’activité pour compenser une retraite insuffisante
-    Elle imposera aux enseignants de partager leur temps sur plusieurs établissements voire sur plusieurs académies
-    Elle prévoira que les professeurs stagiaires qui prendront leurs fonctions en septembre 2010 seront à plein temps devant leurs classes dès leur première année, mais devront être remplacés au deuxième trimestre pour suivre... des formations. Les élèves se retrouveront donc devant des professeurs dont la formation n’est pas terminée et qui, en l’état actuel de manque de professeurs remplaçants, posera au 2ème trimestre la question de leur remplacement.

Mais  l’école n’est pas une garderie :
-    les professeurs absents doivent être remplacés par des professeurs assez nombreux, formés ET en activité.
-    le travail des professeurs ne doit pas être réduit à une gestion de quotas
-    l’éducation de nos enfants doit être une priorité absolue. Elle ne doit pas être hypothéquée par une gestion conservatrice et comptable du Gouvernement.

Pas plus que les suppressions de postes au niveau national, les restrictions budgétaires, la suppression progressive de la carte scolaire, des Réseaux d'aide spécialisés aux élèves en difficulté à l'école (RASED), la mise en place du service minimum d'accueil en maternelle et dans les écoles élémentaires, ou encore les conditions de mise en œuvreb des réformes sans concertation, nous ne pouvons pas accepter les fermetures de classe prévues à la rentrée de septembre 2010 dans les écoles de la ville d’Evreux .