Allocution de Michel Champredon
Maire d’Evreux, Président du Grand Evreux Agglomération, Président de la Caisse des Ecoles, Président du Centre communal d’Action sociale
Discours des Vœux au personnel de la Ville d’Evreux, de la caisse des écoles, CCAS et du Grand Evreux Agglomération,
Mardi 10 Janvier 2012 à 18 heures,
Halle des Expositions
Mesdames et Messieurs les Elus,
Messieurs les Directeurs Généraux,
Madame la Directrice du CCAS, Monsieur le directeur de la Régie du Golf, Madame la Directrice de l'Office du tourisme, Madame la Directrice de la Caisse des Ecoles
Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers collègues,
Merci de vos vœux, Messieurs les Directeurs Généraux.
Merci également à vous tous d’être présents ce soir, occasion pour moi de vous adresser chaleureusement mes vœux les plus sincères, auxquels j'associe les retraités, nos anciens qui sont ici ce soir, et dont la présence marque l'attachement au service public, et dont j'espère qu'ils ont une retraite active et féconde. Les syndicats également, vos représentants, avec qui nous avons un dialogue franc et ouvert, en rappelant quand même que depuis 2008 nous avons largement réduit les doléances que nous avions énumérées ensemble, mais je ne doute pas qu'ils sauront me faire part de nouvelles demandes pour entretenir ce dialogue permanent. Enfin les représentants du Comité des Œuvres Sociales, dont je ne dirais jamais assez l'utilité, que ce soit en terme de liens entre membres du personnel, comme d'ouverture sur le monde par les activités proposées.
2012, on le sait, ne sera pas une année comme les autres. Le championnat d'Europe des Nations de football en Juin, les Jeux olympiques à Londres en été, le 50ème anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie, la décision que nous attendons sur le projet de ligne nouvelle Paris Normandie et... les élections Présidentielles et Législatives en avril, mai et juin. Je le dis tout de suite il ne faut pas que tout s'arrête, notre pays commence déjà à avoir la fièvre, et les sondages vont bientôt déferler, mais le service public doit être assuré, la continuité républicaine s'impose durant cet exercice démocratique !
Un menu chargé, mais sur fond de crise ! :
- menaces sur le triple A,
- menaces sur l'Euro et l'Europe,
- menaces sur le pouvoir d'achat,
- menaces sur l'emploi.
Les collectivités locales ne sont pas épargnées avec les transferts de compétences pas intégralement compensées et la suppression de la taxe professionnelle qui entraîne des charges plus lourdes pour les ménages.
Disons-le, nos marges de manœuvre financières et budgétaires se rétrécissent mais il faut pourtant agir, ne pas rester immobile, ne pas rester au bord du chemin, ne pas louper les rendez-vous industriels et économiques.
Alors évidemment, parfois nos discussions deviennent serrées avec les organisations syndicales. Parfois nous vous demandons de réfléchir à une autre organisation, à dépenser moins tout en conservant le même niveau de services.
C’est pourquoi je vous adresse ce soir mes sincères remerciements.
Merci à vous tous pour le dévouement dont vous avez fait preuve cette année encore, à accomplir cette noble mission du service public qui est la nôtre.
Vous vous en doutez, le Maire d’une ville comme Evreux, ou le Président d’agglomération d’un territoire de plus 80 000 habitants, reçoit chaque jour de nombreux courriers et mails.
Bien sûr, parmi ces courriers, les demandes ou les critiques sont souvent nombreuses. Mais vous seriez étonnés des compliments et félicitations qui me parviennent aussi.
Ces félicitations et remerciements de nos concitoyens, je n’oublie pas que c’est à vous, les agents de la ville et du GEA, qu’ils s’adressent.
Chaque année, notre ville mute, elle est mieux équipée, plus agréable à vivre. Les travaux que nous engageons sont une nécessité.
En cette période de récession, les investissements de l'agglomération et de la ville soutiennent l'emploi, l'industrie du bâtiment et des travaux publics. Il ne s'agit pas d'argent perdu, ni gaspillé mais bien d'argent investi.
Vous qui travaillez dans les écoles savez bien combien les travaux que nous menons sont indispensables pour la sécurité des enfants et pour donner un cadre favorisant l'apprentissage éducatif.
Nous avons choisi tant à la Ville qu'à l'Agglomération de maintenir un niveau d'investissement permettant à la fois de mener à bien l'entretien du patrimoine public, mais surtout, de permettre à notre territoire de disposer d'équipements attractifs pour les entreprises désireuses de s’y installer.
Attirer des entreprises :
- c'est : assurer un tissu éducatif de qualité,
- ce sont des infrastructures routières et ferroviaires permettant le transport rapide des hommes et des marchandises.
- C'est enfin assurer des loisirs sportifs ou culturels de qualité.
C'est pourquoi nous avons mis l'accent sur :
- la voirie et son amélioration,
C’est pourquoi nous nous engageons dans :
- le projet Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN),
c'est pourquoi nous développons :
- un projet de réussite éducative,
C'est pourquoi nous tenons tant :
- aux projets sociaux de territoire et à la démocratie participative,
C’est pourquoi nous souhaitons :
- une Scène Nationale de qualité,
- une SMAC moderne, vivante, ouverte sur la vie ébroïcienne et qui supporte le festival Rock.
Les transformations sont nombreuses sur Evreux. Il suffit de sortir de chez soi pour se rendre compte que notre agglomération est en travaux.
Je pense en particulier :
- aux opérations de rénovation urbaine sur les quartiers de La Madeleine,
- de Nétreville
- aux anciennes friches industrielles qu'il fallait réintégrer dans le tissu urbain (les Usines de Navarre, Aspocomp, la Matmut) et plus tard l'hôpital Saint Louis.
- au théâtre qui est bel et bien sur les rails.
- au Centre de traitement des eaux usées de Gravigny,
- à l’Espace jeunes,
- à la crèche de Nétreville,
- A l’usine de traitement d’eau potable d’Arnières sur Iton,
- à l'école Romain-Rolland et son centre de loisirs,
- à la maison de quartier de La Madeleine,
- à la nouvelle maison de retraite Azémia à Navarre,
- au centre de loisirs de Trangis,
- à la zone d’habitat du Vallon Fleuri à St Sébastien de Morsent.
La liste serait longue à énumérer. Il y a en ce moment sur le territoire, un grand nombre de projets publics auxquels s'ajoutent des projets privés importants.
Voilà une ville qui bouge, une agglomération qui se modernise !
Mais il ne suffit pas de parler uniquement des grands chantiers, ceux qui transforment notre paysage. Il faut aussi parler des actions quotidiennes dans l’ensemble de vos services.
L'action des services et le service public
Il y a le quotidien, essentiel pour les habitants de notre ville et de notre agglomération : accueillir les enfants à l'école, les nourrir sur le temps du midi, permettre la pratique sportive dans nos installations, ramasser les déchets, entretenir la voirie, fleurir la ville pour la rendre agréable, ce quotidien qui représente près de 90% du budget de fonctionnement.
Certains d'entre vous se lèvent tôt, que l'on voit peu, d'autres sont sur le pont le week-end – les aides à domicile par exemple, toutes celles et tous ceux pour qui le service au public, est un noble métier mais peu mis en valeur, ceux que l'on oublie, et à qui je pense ce soir, qu'ils soient remerciés.
Ce quotidien qui fait le service public, avec ses nobles missions et ses petites tâches quotidiennes que vous assumez avec l'esprit nécessaire au service public.
Puis il y a les animations, nombreuses, qui nécessitent de l'imagination, de l'engagement : la fête aux pieds pour les enfants, les animations d'été et bien d'autres que je ne citerais pas... Les animations autour du centre-ville pour faire vivre le coeur de la cité, c'est une obligation économique, mais c'est aussi donner une âme à la vie quotidienne. Il faut des ressources pour cela, et c'est aujourd'hui un tour de force dans la situation que l'on connaît.
L'un, le quotidien, ne va pas sans l'autre, l'extra-ordinaire au sens où il faut également améliorer la vie quotidienne.
« Se donner du mal pour les petites choses, c’est parvenir aux grandes avec le temps » disait Samuel Becket.
Nous suivons cette voie ensemble.
Ne croyez pas qu’il s’agit de simples propos de circonstance. Sans vos efforts et sans votre conscience professionnelle, rien de tout cela ne serait possible.
En retour, nous essayons de vous donner des conditions de travail satisfaisantes.
Et vous pouvez compter sur la détermination et la forte implication de :
- Simone Chargelègue et de Olga Bidault, adjointes aux personnel de la Ville et du Grand Evreux Agglomération,
- de Dominique Guillou et de Thierry Cot, vos directeurs Généraux, mais aussi Madame Devie Directrice du CCAS, Madame Lemaître Directrice de l'Office de Tourisme, Monsieur Doit Directeur de la Régie du golf, Madame Devilliers qui gère la Caisse des Ecoles,
- de Céline Messina Directrice des Ressources Humaines de la ville et de Chantal Aïly, nouvellement arrivée, DRH au GEA
Depuis 2010, nous travaillons à la résorption de l’emploi précaire. Nous pouvons d’ores et déjà en voir les premiers effets.
En 2012, nous continuerons d’accompagner les mesures de titularisation, par l’examen des conditions de travail des services les plus concernés.
Nous avons recruté un animateur Comité d'Hygiène et de Sécurité (CHS) à la ville (et prochainement au GEA) qui garantit la prise en compte des risques professionnels et des enjeux de reclassement.
Des reclassements qui sont toujours plus nombreux au regard de notre pyramide des âges et de la pénibilité de certains métiers. Nous avons souhaité que cette prise en compte soit individualisée et en concertation avec les représentants du personnel.
Sans oublier bien sûr le livre blanc et l’activation de la démarche qualité.
Depuis des années, j’ai la conviction que le développement territorial doit être l’affaire de tous. Le citoyen doit être l’acteur des changements et des évolutions de son environnement.
Au sein de nos services, plus particulièrement à la Médiathèque et bientôt dans les mairies annexes, les services décès-cimetières, élections, l’accueil de la Petite Cité, j’ai souhaité ce type de participation active.
A la médiathèque, la méthode employée comme ses résultats n’ont jamais cessé d’être, pour moi, des évidences. Je vous en savais capables. Vous l’avez fait. Au final, le changement est entièrement le vôtre.
Aujourd’hui, vous proposez de vous-mêmes :
- des horaires d’ouverture élargis, répondant ainsi à l’un des objectifs de mon équipe, tout en garantissant une meilleure répartition des amplitudes ;
- vous envisagez la transformation progressive des méthodes de travail à travers la polyvalence ;
- vous développez une meilleure connaissance des uns et des autres tout en garantissant vos compétences et cœur de métiers…
Dans un second temps l'animatrice Qualité travaillera à la labellisation des différents services et de ses annexes.
L’objectif : un label qualité et un service public en concordance avec son temps.
Concordance avec son temps cela signifie, malheureusement, la fin d'un certain confort. La remise en cause, la recherche de la satisfaction de l'usager, de plus en plus exigeant, que ce soit en terme d'impôts, de tarifs, comme de services rendus.
Que les choses soient claires, si je dis cela c'est pour attirer votre attention sur les risques grandissant. J'en suis persuadé il existe un vrai risque de remise en cause des services publics. Cela a commencé. Asphyxier financièrement les collectivités c'est les contraindre à terme à tailler dans leurs dépenses, et la première d'entre elles c'est justement les femmes et les hommes qui fournissent le service aux usagers, c'est à dire vous.
Alors quand on recherche avec vous de nouveaux horaires, de nouvelles méthodes, moins de dépenses, c'est aussi pour la survie, la défense du service public. Nous sommes à vos côtés, nous tenons, je tiens, à ce service public dont on voit bien le manque lorsqu'il a disparu.
Il suffit de demander dans des territoires aujourd'hui désertés combien cela manque aux jeunes et moins jeunes, combien cela aboutit à la désertification, et aux pertes d'emplois.
Je veux voir ma ville vivre. Je veux un vrai service public performant, et actif, je veux que vous en soyez fiers que vous puissiez dire : oui je travaille au service du public.
Je sais que les résultats seront rapidement visibles à la fois pour vous et pour nos concitoyens.
Avant de conclure, il m'appartient de vous rappeler que le statut de la fonction publique est né en 1946, issu du Conseil national de la Résistance après les heures sombres de l'occupation.
Nous avons reçu ici même à Evreux, Stéphane Hessel, celui-là même dont la citation apparaît sur la carte de voeux : « C’est en s’engageant qu’on devient Homme ». Il a créé un véritable mouvement avec son petit livre, que je vous recommande, « Indignez-vous ». Cet homme admirable humaniste a été de tous les combats.
Avec lui je veux vous dire que le service public, celui auquel vous concourrez est menacé.
RGPP, étranglement financier des collectivités, non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux d'état, on a vu encore aujourd'hui dans la presse le trou financier du CHI Eure Seine dont on argue pour justifier la disparition des soins chirurgicaux à Vernon. La liste est longue des atteintes portées à ce qui faisait il y a encore peu l'une des forces de notre Nation, un lien social indispensable.
Je le dis tranquillement : ici, vous pouvez déchiffrer la politique menée par petits bouts, mais il s'agit en fait d'une entreprise de démolition menée de manière résolue et systématique.
La libéralisation apporte la privatisation. Lorsque je me bats avec mes collègues pour la qualité du service public, son efficacité, et disons-le, même au risque de choquer, sa compétitivité, c'est pour le préserver, le maintenir, c'est parce que je crois en vous, parce que je pense qu'Evreux comme la France a besoin de son service public.
Ni les enfants dans les écoles où les centres de loisirs, ni les personnes âgées dépendantes, ni tous ceux qui un jour où l'autre ont besoin du service que vous rendez, et parfois même au-delà de l'aide que vous apportez ne diront le contraire.
Ce statut de la fonction publique gagné de haute lutte est menacé, dans ses fondements mêmes, détricoté jour après jour. Il faut bien sûr résister, manifester, s'indigner. Mais il faut aussi agir, réagir, adapter chaque jour le service rendu aux besoins, c'est à ce prix que vous obtiendrez le seul soutien qui vaille, celui de nos concitoyens.
Je ne vous demande ni des sacrifices, ni des larmes, je vous veux avec moi, avec mes équipes, déterminé et combatif, résolu à montrer que le service public est non seulement utile, mais indispensable, et capable comme vous le démontrez chaque jour d'améliorations, même si elles semblent infimes, même si le chemin est long, même si les menaces n'ont jamais été aussi lourdes.
Rien ne sera possible sans votre soutien et celui des équipes qui m’entourent.
Vice-présidents et conseillers communautaires, Adjoints et conseillers municipaux, Directeurs généraux et DRH, je sais que je peux compter sur eux, chaque jour à chaque instant. Je tiens à les remercier pour leur engagement.
Je crois qu’il est maintenant temps de clore ce propos.
Au nom de tous les élus, et en mon nom personnel, je vous renouvelle des vœux de bonheur et de réussite pour vous et vos familles.
En cette période de l’année où l’on se souhaite mutuellement le meilleur, l’extraordinaire ou quelques fois l’invraisemblable, j’ai envie aujourd’hui, à la manière de Jacques Brel, de vous souhaiter :
- Juste assez de bonnes choses pour que vous puissiez les apprécier,
- Juste assez d’expérience pour garder une attitude sage,
- Juste assez de bonheur pour garder l’esprit vivant
- Juste assez d’argent pour satisfaire vos besoins,
- Oui juste assez pour tous, avec sincérité.
Merci de votre attention.
Le vendredi 13 janvier à 09:41:59