Exposition Romain LEBLANC

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L’Échappée

 
  " En 2009, j’ai répondu à l’invitation d’amis estoniens en me rendant dans leur pays. Séduit par la diversité et la beauté des paysages, j’ai écrit dès mon retour en France, un projet inspiré par le mythe d’Adam et Eve. J’ai souhaité ouvrir le projet en invitant d’autres personnes à prendre part à cette aventure photographique.

   Accompagnés de quatre collaborateurs français, nous nous sommes rendus en Estonie durant l’été 2010 et avons rejoint sur place une équipe de quatre estoniens. Isolés du monde durant un mois, nous avons vécu dans les bois, parcouru des îles et failli tomber dans de nombreux marais.Nous nous sommesdépartis des normes de nos vies citadines et quotidiennes. Les modèles se sont alors mis à nu et le travail a pu commencer.

  J’ai désiré m’éloigner d’une civilisation en ordre de marche pour trouver une forme de primitivité. Il fallait que les rapports entre les êtres soient instinctifs, pour qu’existe un rapport frontal et épuré à la nature et aux éléments. La présence puissante et entêtante de la nature a marqué d’emblée le rythme. Suprême et fragile, elle généra le climax et se fit notre guide. Les directions de jeu devaient être simples et fondamentales.
J’ai demandé aux comédiens, Nicolas et Nadège, de déambuler et d’agir de façon pulsionnelle et intuitive. Ils réalisèrent des actions un peu folles, parfois dangereuses. Ils le firent sans rechigner. Il leur a fallu courir, jouer, sauter, se débattre
, parfois l’un contre l’autre, parfois l’un avec l’autre. Ils étaient bien vivants et nous y étions.

J’ai traqué leurs hésitations, entretenu la maladresse de leurs corps et  inscrit leur quête comme un moment suspendu dans le temps.

Nous avons longuement discuté de ce que peuvent faire un homme et une femme perdus dans une nature sauvage, sans le soutien du monde humain. Ce fut le moyen de questionner les codes du langage amoureux et de développer un dialogue des corps plus entier et plus brut. L’histoire des deux personnages qu’ils incarnent s’est alors progressivement dessinée, traçant une échappée atypique, où fantasmes et obsessions se côtoient.
"