Merci, Messieurs les directeurs généraux pour la qualité de vos interventions… et leur brièveté, cela prouve que l’on peut faire les deux, qualités intrinsèques au service public !
Pour ma part, je commencerais en vous présentant mes meilleurs vœux pour l’année 2010, non pas pour évacuer cette tradition de courtoisie sociale, mais au contraire pour prendre le temps d’y insister.
Nous vivons des temps difficiles. Notre société (pas seulement la nôtre mais tous les modèles de société de par le monde) accumule de graves dysfonctionnements qui rendent le présent difficile et l’avenir très sombre pour des millions de personnes.
Aussi, témoigner avec sincérité de l’intérêt que je porte à celles et ceux qui font vivre les services publics au nom de la Ville d’Evreux et Grand Evreux Agglomération, est pour moi une réelle satisfaction dont je m’acquitte avec plaisir.
Je souhaite à chacune et chacun d’entre vous de traverser cette nouvelle année avec le maximum de satisfactions personnelles et professionnelles. Que 2010 vous préserve des difficultés de la vie et procure à vous et vos familles santé, joie, petits et grands bonheurs partagés.
Mes souhaits sont d’autant plus sincères que je les veux solennels.
Solennels, car la crise économique frappe Evreux et son territoire, comme partout ailleurs.
Des centaines d’emplois ont été détruits créant des situations parfois insupportables pour les personnes et les familles touchées. Parmi vous d’ailleurs, certains sont concernés au sein de leur propre famille ou dans leur entourage immédiat.
Je sais aussi, et c’est une de mes grandes préoccupations partagée par mes collègues, adjointes au personnel et aux affaires sociales, que la précarité n’épargne pas non plus les catégories sociales les moins bien loties par le statut de la fonction territoriale, certes protecteur, mais bien imparfait en matière de niveau et de progression salariale.
Nombreux sont les agents de catégorie C à subir depuis longtemps pour la majorité d’entre eux, des situations précaires qui ne leur permettent pas d’avoir des revenus décents. La crise actuelle les touche particulièrement.
Ce sont, je le répète des situations majoritairement anciennes et pour lesquelles nous avons entamé un plan de résorption par titularisation (pour la ville d’Evreux : 30 stagiairisations en 2008, 44 en 2009). Ces chiffres totalisent les passages des non titulaires vers la titularisation, les augmentations horaires des contrats, les nouveaux recrutements et les réussites aux concours.
J’ai bien conscience de la dureté des situations auxquelles sont confrontés certains d’entre vous qui cumulent vos propres difficultés à celles rencontrées dans le secteur privé par votre conjoint ou votre famille. J’y reviendrai lorsque j’évoquerai les mesures actuellement à l’étude pour venir soutenir les agents en grande difficulté.
Néanmoins, dans ce climat d’incertitude économique généralisée, la Ville d’Evreux et le Grand Evreux Agglomération résistent encore en maintenant leurs investissements au profit de l’économie locale et de l’emploi public.
Un emploi public, envié par ceux du secteur privé qui sont entrés dans la précarité ou qui craignent d’y être confrontés. Il est donc de notre devoir de donner en contrepartie l’assurance d’un fonctionnement des services publics le plus perfectible possible.
C’est pourquoi, mes équipes et moi-même défendons avec la plus grande énergie et pas à pas, la qualité des services publics, la diversité des indispensables services qu’ils doivent rendre à la population et en particulier à la plus fragilisée. Nous voulons que soit assuré leur maintien et leur modernisation malgré la volonté du gouvernement d’en réduire le nombre et l’efficacité.
Nous le faisons par l’affichage public et politique de notre attachement à leurs rôles et leurs objectifs, souvent définis comme devant être ceux de l’efficacité sociale. Aussi, sommes-nous aux côtés des agents de La Poste, de l’hôpital public, des enseignants rased, de l’IUT, de l’IUFM et de tous les services publics qui par leurs actions quotidiennes auprès de la population contribuent à maintenir debout la cohésion de notre société.
A travers notre programme, à l’échelle de notre territoire, nous voulons renforcer l’impact, la diversité et la qualité des services rendus à la population, car nous croyons à la primauté de l’intérêt général sur l’intérêt particulier et privé. Notre capacité à tenir ces objectifs n’est pas non plus sans incidence sur la perception de votre travail par nos concitoyens car c’est à vous que revient le soin de traduire nos ambitions en actes.
Dans l’exemple tout récent des épisodes neigeux, c’est bien à votre capacité d’assumer l’anticipation de la chaîne d’intervention sur le terrain, que s’apprécie la qualité du service rendu.
Je remercie à cette occasion, les équipes de voirie, et celles qui s’y sont associées, d’avoir rendu moins difficile le vécu de cette situation, même si nos concitoyens, toujours plus exigeants, en arrivent à demander que leur maire puisse faire fondre la neige avant qu’elle ne touche le sol !
J’en profite aussi pour remercier tous les agents qui ont assuré la continuité de service public alors que les déplacements étaient rendus difficiles et risqués par des conditions atmosphériques peu habituelles. Je pense en particulier aux aides à domicile du CCAS qui ont assuré par le maintien de leur activité, leur présence auprès des personnes âgées ou des malades.
Pour réussir l’alliance entre la mise en œuvre de nos politiques et la performance de votre engagement à leur service, nous avons été attentifs à ouvrir les espaces de dialogue social nécessaire à l’amélioration de vos conditions de travail.
Mais pour ce faire, nous avons dû reprendre tout d’abord la gestion du personnel là où l’avait laissée l’équipe précédente. C'est-à-dire pour beaucoup de dossiers, en « rase campagne ». A notre arrivée, nous avons découvert l’ampleur des jachères en la matière. Ce n’est évidemment pas une mise en cause de l’investissement des services du personnel, mais le manque de volonté politique que je vise.
Et, si nous portons pour notre part, la responsabilité de tâtonnements et d’erreurs d’appréciation dans les premiers mois de notre mandat, en aucun cas, nous n’endosserons l’absence de gestion des dossiers du personnel de l’équipe précédente
En revanche, en élus responsables, nous n’avons pas hésité à prendre à bras le corps le réexamen des dossiers en instance : refonte de l’organigramme, contrats précaires, activation du CHS pour la Ville d’Evreux, plan de formation revigoré, CTP plus réguliers, recrutements et procédure nouvelle pour y procéder.
Lorsque je fais un point régulier des suivis des rencontres avec les représentants du personnel, je m’aperçois que le travail engagé, les projets ayant vu le jour, ceux en cours et ceux restant à réaliser, sont la preuve du délaissement social dont a fait preuve l’équipe.
Il a donc fallu toute la détermination et la forte implication de Simone Chargelègue et de Olga Bidault, adjointes au Personnel de la Ville d’Evreux et du Grand Evreux Agglomération, de Dominique Guillou et de Thierry Cot, vos directeurs généraux et des directions du personnel avec Céline Messina et Fabienne Vicq, pour remettre à plat l’ensemble des dossiers dont le non traitement suscitait depuis des années des inquiétudes bien légitimes.
En moins de deux ans d’exercice, nous pouvons faire un bilan dont je qualifierais les résultats, d’honnêtes et de globalement positifs. Je laisse bien sûr aux organisations syndicales qui ne seraient pas d’accord, la possibilité d’en avoir une appréciation différente. C’est le jeu normal des relations sociales.
Quoiqu’il en soit, des résultats sont là, concrets et tangibles.
En voici quelques exemples. Je n’en dresserai pas rassurez-vous une liste complète mais elle existe et est régulièrement mise à jour en fonction des avancées.
Sachez que pour la Ville d’Evreux, sur les 51 sujets très divers faisant l’objet de négociation, 23 ont trouvé une conclusion, 24 sont en cours d’étude et de traitement et 4 sont à examiner. La proportion est similaire pour l’agglomération.
Je souhaite seulement mettre un éclairage particulier sur les résultats qui tenaient le plus à cœur tant aux organisations syndicales qu’aux autres acteurs du dialogue social, élus, directeurs généraux, directeurs des relations humaines.
Je reviens comme je l’ai dit en commençant, sur les moyens de soulager les agents dont la situation financière est préoccupante. Ce sont des dossiers lourds et donc prioritaires.
Pour parvenir à résorber au mieux l’emploi précaire, nous accompagnons les mesures de titularisation, par l’examen des conditions de travail des services les plus concernés (écoles, aides à domicile notamment) afin de rationaliser leur organisation, ce qui aura une incidence positive par l’amélioration des contrats. Nous renforçons la collaboration avec les assistantes sociales chargées du suivi des situations les plus délicates. Enfin, j’ai demandé l’étude, par le Comité national d’action sociale, de l’accès à un prêt à taux zéro pouvant soulager le personnel le plus affecté.
La meilleure façon d’être au cœur des préoccupations des services, d’en connaître les difficultés mais aussi les propositions innovantes, est d’aller à leur rencontre.
Ainsi tous les jeudis matin (sauf contrainte de mon agenda) j’ai entrepris de visiter, en alternance, l’ensemble des directions et leurs services de la Ville d’Evreux et du Grand Evreux Agglomération. J’y trouve pour ma part une grande satisfaction, j’espère que ce sentiment est partagé.
De la même manière, je rencontre séparément, une fois par mois depuis septembre 2009, chaque organisation syndicale de la Ville d’Evreux. Ces rencontres qui sont je tiens à le rappeler, une première puisqu’elles n’existaient pas précédemment à un rythme aussi régulier et fréquent, se font en présence de la direction du personnel de la Ville qui assure au quotidien le suivi des dossiers en instance. La Ville a pris un peu d’avance, sur l’agglomération. Pour le Grand Evreux, une démarche similaire de rencontres avec les syndicats est en cours de lancement. En attendant, des échanges fréquents et réguliers ont lieu avec la direction du personnel.
A l’actif des négociations, il faut saluer la réactivation du CHS de la Ville d’Evreux et la constitution d’un groupe de travail Hygiène et Sécurité au Grand Evreux Agglomération qui s’est déjà réuni à 5 reprises et préfigure le futur CHS.
A la demande des représentants du personnel, l’accent sera mis sur l’analyse au cas par cas des accidents du travail pour en limiter au mieux la récidive. L’organisation des CTP obéit désormais à un calendrier très régulier, bien au-delà de l’obligation légale, ainsi qu’à un suivi précis des points soulevés.
Depuis le mois de juin 2009 à la ville, nous avons lancé une réflexion de fond, celle de la démarche qualité qui a pour objectif d’améliorer l’accueil des publics et leur prise en charge. Il s’agit d’un travail collaboratif ouvert en concertation avec les agents concernés, leurs chefs de service et les représentants du personnel (mairies annexes, accueil Petite Cité, services élections, décès et cimetière),
Ce travail collectif conduit à repenser les méthodes de travail et de gestion des tâches, à en redéfinir les priorités pour une efficacité accrue qui doit bénéficier autant aux agents qu’aux administrés. Il devra également faciliter l’approche des projets de service.
Autre avancée en matière de politique sociale, il faut noter le nouveau marché d’assurance statutaire et l’extension de la couverture de cette assurance à la maternité.
Les recrutements des postes d’encadrement qui faisaient défaut à notre arrivée, ont été effectués. J’en profite pour témoigner ma satisfaction aux cadres intermédiaires et à leurs équipes qui ont su, assumer avec professionnalisme la période intérimaire qui a précédé l’embauche des nouveaux cadres. Je les remercie au nom de mes collègues élus qui ont pu apprécier leur implication sur les lourds dossiers dont ils ont eu à assumer la responsabilité, dès le début de notre mandat, ce qui a permis le respect des calendriers de mise en œuvre.
C’est aussi l’occasion de saluer les 31 nouveaux agents (pour la ville), dont 12 cadres qui ont pris leur poste en 2009 ou qui s’apprêtent à le prendre et les 3 cadres du GEA.
Notre attention a été attirée sur le manque d’agents de catégorie C dans certains services comme les écoles, espaces verts, garderies, piscines. Là non plus, la situation ne date pas d’aujourd’hui.
Cependant, comme pour la résorption de l’emploi précaire, nous pensons plus responsable de procéder à un examen attentif de l’organisation de chaque service afin de dégager les solutions d’une meilleure répartition des agents et ce dans la concertation avec les agents eux-mêmes et les syndicats.
La refonte des organigrammes de la Ville d’Evreux et du Grand Evreux Agglomération participe de cette réflexion. C’était une première étape indispensable. Maintenant, il s’agit de décliner cette réorganisation en l’étendant à l’ensemble des services.
La Ville compte près de 2 000 agents et l’agglomération, 380. Pour des collectivités de notre strate, ce sont des effectifs conséquents c’est la résultante du nombre important de services publics gérés en direct. Pour autant, le temps des ressources sans cesse renouvelées est dernière nous. Si nous ne voulons pas que nos budgets de fonctionnement pèsent dangereusement sur nos capacités d’investissements, nous avons le devoir de rationaliser notre organisation générale. C’est d’autant plus faisable que partout, à tous les échelons de nos deux collectivités, les savoir-faire sont là.
Sachons mieux profiter de l’efficacité professionnelle de chacun mais aussi, renforcer la formation continue comme nous le prévoyons au travers de la mise en place d’une commission sur le projet de formation individuelle. C’est une responsabilité partagée entre agents, organisations syndicales, directions générales et élus.
Pour la deuxième année, personnels de la Ville d’Evreux et du Grand Evreux agglomération partagent cette cérémonie des vœux. Cette cérémonie commune, est le symbole d’une mutualisation qui à plus ou moins long terme devra être la plus complète possible. Elle participe aussi d’une gestion plus efficace, plus économe de l’argent public et de celui des contribuables, dont nous sommes redevables.
Dominique Guillou et Thierry Cot n’ont pas manqué de préciser dans leur intervention respective, l’importance de dépasser les clivages entre collectivités et d’insuffler l’appartenance à une même ambition collective.
La direction de la communication et celle des services informatiques, les services garage, assurances, archives ont déjà fait l’objet d’une mutualisation. Je remercie leurs agents de contribuer à la réussite de ces évolutions dont je mesure l’importance qu’elles représentent pour eux. Le service commerce et de l’artisanat va faire l’objet des mêmes démarches, en concertation, comme pour les autres services.
Cet esprit de coopération, Dominique Guillou et Thierry Cot sont les premiers à en donner l’exemple. Ils ont instauré d’eux-mêmes des échanges réguliers sur les dossiers dont ils ont la responsabilité. Je sais que grâce à leurs initiatives, progresse peu à peu la notion d’appartenance à une collectivité au service d’un même territoire. Je ne peux que me féliciter des perspectives ainsi ouvertes.
Les relations sociales, la gestion du personnel, parce qu’elles touchent à l’humain, débouchent parfois sur des situations sensibles, des réactions en chaîne. Ce n’est pas dévoiler un secret que d’avouer que ce ne sont pas des délégations de tout repos.
Je remercie sincèrement Simone Chargelègue et Olga Bidault d’en assumer la responsabilité, mais aussi parce qu’elles sont confrontées chaque jour comme nous les élus à des demandeurs d’emploi, souvent désespérés, à qui elles ne peuvent malheureusement apporter à coup sûr de réponse positive. Je sais aussi la disponibilité qui est la leur à l’égard des agents qui souhaitent être reçus.
Je n’oublie pas dans mes remerciements d’y associer les directeurs généraux de service qui ne « voient pas souvent le jour » et leurs responsables du personnel, toujours appelées à la rescousse et qui assurent !
Vous avez reçu à l’entrée le numéro un de votre Mag Interne pour la Ville Evreux ainsi que les Echos de l’Agglo.
Je suis persuadé que ce journal aidera à renforcer les liens et la cohésion nécessaires entre services en assurant la transmission des informations qui sont propres à votre vie dans la collectivité. Je salue les agents qui ont volontairement accepté d’y consacrer leur temps et leur énergie et qui n’attendent que vos contributions pour faire vivre les prochains numéros.
Nous allons (enfin, dirons certains !) procéder à la remise des médailles du travail aux nombreux récipiendaires qui attendent impatiemment et qui ont consacré leur vie professionnelle aux services publics.
Je profite de cette occasion pour rappeler que l’implication de chacun dans la mise en œuvre de nos projets n’est simplement la traduction et la satisfaction d’un travail bien fait.
Quel que soit le niveau de responsabilité des agents publics, c’est la conscience de contribuer à l’édification d’un territoire modernisé, plus juste, plus solidaire, plus équilibré, qui est essentielle. Ce n’est pas seulement en agents publics que s’opère la mobilisation des énergies collectives, mais également en tant que citoyens attentifs à la qualité de votre cadre de vie, pour vos enfants et vous-mêmes.
Je vous remercie et vous renouvelle en mon nom et au nom de mes équipes, mes meilleurs vœux pour une année 2010 au service d’Evreux et du Grand Evreux, forte et passionnante.
Michel Champredon
Le lundi 18 janvier à 09:56:47