18 juin 2008
Monsieur le Préfet,
Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les Anciens Combattants,
Mesdames, Messieurs,
Il y a 68 ans, à l’heure à laquelle je vous parle, face à l’anesthésie générée par la démission du gouvernement Français, face à la défaite militaire et l’humiliation du défilé de l’Allemagne nazie sur notre territoire, un homme, un homme seul choisit alors de dire « non ».
Au soir du 18 juin 1940, devant les micros de la BBC, une voix s’élève et lance un appel solennel à la poursuite des combats, cette voix, c’est celle de Charles de Gaulle, arrivé la veille à Londres.
Cet appel à la résistance, permettez-moi de vous en rappeler les grandes lignes :
« Le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ?
« Non ! […] rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire ».
« Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale ».
« Quoi qu’il arrive, la flamme de la Résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ».
Son « non » est lancé comme un défi à ceux qui se résignent. Un phare dans l’obscurité des consciences.
Ce jour-là, rares sont ceux, en France, qui ont entendu son appel sur les ondes.
Mais il a permis de soulever un vent d’espoir. Ceux qui ont entendu cette voix l’ont peu à peu relayée. Et dans l’ombre, dans la clandestinité, la flamme de la Résistance française a commencé à briller, d’abord faiblement, hésitante, ici ou là ; puis avec vigueur et partout, les forces de l’intelligence et de la Résistance se sont levées, se sont organisées et ont combattu.
Cet appel, il le réitérera quelques jours plus tard, espérant toucher un plus grand nombre :
« Si les forces de la liberté triomphaient finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d’une France qui se serait soumise à l’ennemi ? ».
« L’honneur, le bon sens, l’intérêt de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront ».
« J’invite tous les Français qui veulent rester libres à m’écouter et à me suivre. »
De Gaulle disait encore : « la France ne peut être la France sans la grandeur ». Nous lui devons les premiers pas de notre pays vers la reconquête de sa dignité et de sa liberté.
L’Appel du 18 juin est un acte fondateur non seulement dans l’histoire de la France mais aussi dans l’idée qu’un homme peut se faire de son devoir. On peut ne pas être d’accord avec certains choix du Général de Gaulle dans les années d’après-guerre, mais le 18 juin 1940 reste le jour où il a su montrer que la conscience pouvait primer sur la loi et l’ordre. Qu’un homme digne de ce nom devait savoir se lever et dire « non ». Quoi qu’il en coûte.
Cet « instant de folie » comme le disait si bien Malraux.
Ce qu’il faut retenir avant tout, c’est cette leçon d’audace et de courage qui allie la conscience à l’action. Quand l’homme va au bout de ses convictions. C’est cette leçon de vie que les jeunes générations doivent méditer car ce choix difficile peut guider la réflexion et l’attitude de bon nombre d’entre nous.
Le Général Charles de Gaulle a su incarner la France en lui donnant une voix, une volonté, une espérance. Une France qui ne renonce pas, fidèle à ses valeurs. Pour que la démocratie triomphe du totalitarisme.
Cette Résistance qu’il a prônée ainsi que tous ceux qui l’ont suivi, donne des exemples de courage et de loyauté à ces valeurs souvent mises en danger, les valeurs de notre Patrie : liberté, égalité, fraternité. Elle renvoie aussi à des questions sur l’engagement. Que dire encore, sinon qu’il faut continuer aujourd’hui à combattre pour les causes qui nous semblent justes. D’autres formes de totalitarisme sont en place. À nous de trouver les actions, les solidarités, les expressions pour dire à nouveau : « non ! », « plus jamais ça ! ».
* * * *
Aujourd’hui, nous sommes réunis pour rendre hommage à tous ceux qui répondirent à cet Appel et choisirent, eux aussi, de dire « non » et de résister, en France, en Afrique, en Indochine, dans les territoires d’Outre-Mer, ces tirailleurs, ces saphis… la 2ème DB avec Leclerc... Toutes les Forces Française Libres (FFL) !
Je pense tout particulièrement à l’un des nôtres, un Ebroïcien, Bertrand Dupouget, Résistant de la première heure, combattant de la liberté, parti rejoindre le Général à Londres.
« Ce sentiment qui appelle la légende sans lequel la résistance n'eut jamais existé et qui nous réunit aujourd'hui, disait Malraux lors de son hommage à Jean Moulin, c'est peut-être simplement l'accent invincible de la fraternité ».
Je terminerai sur ces mots du Général de Gaulle : « Vive la France libre dans l’honneur et dans l’indépendance ! »
Le vendredi 08 janvier à 15:11:53