Journée nationale d’hommage aux Harkis et autres membres des formations supplétives

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Jeudi 25 septembre 2008

Comme chaque année depuis 2003 (décret du 31 mars 2003), nous sommes réunis ce 25 septembre pour rendre un hommage aux Harkis et à tous les membres des formations supplétives en Algérie.

Comme toutes les guerres, la guerre d’Algérie a connu son lot d’atrocités, de destruction et de crimes. Tristement célèbre pour les multiples pratiques de violence entretenues de part et d'autre, et longtemps niées des mémoires officielles, elle est restée un traumatisme moral et psychologique durable pour les deux pays.

Pendant plus de 30 années, les associations des anciens supplétifs algériens engagés aux côtés de l’armée française ont réclamé une reconnaissance par la France des exactions commises lors du retrait des troupes françaises d’Algérie.

Il a fallu attendre la loi du 11 juin 1994 qui stipule dans son article 1er: « La République française témoigne sa reconnaissance envers les rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie pour les sacrifices qu'ils ont consentis. ».

Cette loi représente un pas vers un rééquilibrage des vérités officielles, et un geste important de respect à l’égard de la mémoire de ces milliers de victimes, tentant symboliquement de réparer toutes ces années d’oubli.

Nous sommes ici aujourd’hui, non seulement pour montrer notre gratitude à ces valeureux combattants qui ont fait le sacrifice trop facilement oublié de leurs vies, de leurs familles, de leurs terres, mais aussi et surtout pour réitérer un appel à la reconnaissance officielle du drame de ces anciens supplétifs de l’armée française, pour la plupart volontairement abandonnés par le Gouvernement français en 1962, et qui ont payé d’un prix souvent terrible leur attachement à la France.

On peut rappeler à cette occasion que la loi du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés fut une occasion manquée de reconnaître la dette de l’Etat envers les Harkis, les tirailleurs, les saphis, les zouaves, les assès algériens engagés aux côtés de la France…

Il faut savoir dire que le gouvernement français de l’époque n’a pas su protéger l’existence de ces combattants qui avaient fait le choix d’être à ses côtés.

Nous avons un devoir de mémoire, celui de ne jamais oublier que ces soldats ont courageusement combattu pour la France et que nous leur devons donc le respect. Nous reconnaissons leur sacrifice et nous saluons leur valeur. Nous devons le dire avec d’autant plus de force qu’on rend peu souvent hommage à leur bravoure, comme si les oublier pouvait effacer l’Histoire.

Les anciens combattants Harkis ont les mêmes droits que tous les anciens combattants et devraient pouvoir bénéficier des mêmes allocations et indemnités quelles qu’elles soient.

Par cette cérémonie, nous souhaitons sensibiliser l’ensemble de nos concitoyens à ces pages importantes de notre histoire, les plus glorieuses comme les plus sombres. Connaître la vérité, 45 ans après le conflit, revisiter la guerre d’Algérie, l’enseigner dans nos écoles, c’est permettre à chacun de se réapproprier son passé, c’est répondre à cette exigence de justice et de vérité qui seule nous permet d’avancer et de construire une paix fraternelle et durable fondée sur des valeurs universellement reconnues.

En cette nouvelle journée d’hommage national, c’est avec émotion que nous réaffirmons solennellement la reconnaissance de la Patrie aux Harkis et à tous les autres membres des troupes supplétives.